C’est après-demain samedi que les Algériens pourront se détendre, aller à la plage, prendre les enfants aux parcs de loisirs ou encore diner dehors quand la température se fait plus clémente avec la brise du soir. Samedi 15 août est synonyme de «début des vacances» pour nombre de familles algériennes qui ont qualifié la réouverture des plages, lieux de détente et autres lieux de loisirs de «bouffée d’oxygène» et de «bol d’air frais» après un confinement partiel qui aura duré près de cinq mois en raison de la pandémie de coronavirus.

Il faut, cependant, savoir que les piscines ne sont pas comprises dans la liste des lieux de détente ouverts au grand public. Les services du Premier ministère ont annoncé, avant-hier, que «les piscines ne sont pas concernées par la réouverture graduelle et contrôlée des espaces récréatifs et des lieux de plaisance à compter du 15 août prochain, en tant que mesure de levée progressive du confinement imposé par la propagation de la pandémie de coronavirus». La décision de reprise de ces activités «exclut, pour l’heure, les piscines et autres bassins de natation tant à l’intérieur des hôtels que dans les espaces prévus à cet effet», ont précisé les mêmes services dans un communiqué.
Il faut aussi savoir que la réouverture graduelle de l’ensemble de ces espaces récréatifs n’est valable, dans un premier temps, que jusqu’au 31 août prochain. Une période que le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a qualifiée de «période test» suite à laquelle sera prise la décision de continuer l’ouverture graduelle ou non ainsi que la reconduction de l’ouverture des lieux susmentionnés. En somme, tout dépendra de «l’évolution de la situation épidémiologique», a-t-il indiqué.
Sur ce point, il faut souligner que les cas de nouvelles contaminations quotidiennes n’est pas rassurant et les professionnels de la santé se gardent de se prononcer sur la baisse constatée les tous derniers jours, affirmant qu’il faut «au moins une semaine à dix jours de baisse pour parler de tendance baissière». Car les baisses, il y en a déjà eu, mais elles ont vite été «rattrapées» avec des hausses sur plusieurs jours consécutifs. L’Algérie a même connu un pic qui a frôlé les 700 cas par jour.
Actuellement, les contaminations sont descendues à un peu moins de 500 cas quotidiens (492 nouveaux cas confirmés mardi et 498 lundi, contre 521 cas lundi), mais rien n’est encore gagné et, selon ce qu’on a déjà vécu, «la situation peut s’inverser à tout moment», de l’aveu même des praticiens de la santé. D’ailleurs, le ministre Benbouzid a été assez franc à propos de la situation épidémique actuelle. Malgré le fait que «la situation se stabilise», elle demeure, néanmoins, «dans un plateau élevé», a-t-il reconnu, souhaitant par la suite que «la situation s’améliore» car dans le cas contraire, c’est-à-dire dans le cas où il y a «recrudescence de la pandémie» de coronavirus, celle-ci sera suivie par un «reconfinement» dans les lieux où elle aura été localisée. Les plages, lieux de détente et de loisirs qui seront rouverts à la population pourraient, également, être fermés à nouveau s’il y a constat d’un manquement aux gestes barrières.
C’est pourquoi, les mises en garde ont fusé de toute part – non seulement du corps médical, mais aussi d’une partie de la population qui demeure sceptique – quant à la nécessité, voire l’obligation de respecter les mesures de prévention que sont la distanciation physique et les mesures d’hygiène, mais «surtout le port du masque protecteur». Du moment que «personne ne connait la nature de ce virus, personne ne s’engage à avancer que la situation est maîtrisée. La situation peut flamber à tout moment, ce que nous ne souhaitons pas», a soutenu le Pr Benbouzid, avant d’appeler les citoyens à la vigilance et de souligner, par ailleurs, que les services de l’ordre seront présents sur les lieux ouverts à partir de samedi pour «seulement attirer l’attention des citoyens en cas de négligence».
Selon les spécialistes de la santé qui se sont exprimé sur l’ouverture des plages, il est plus aisé d’ouvrir un endroit en plein air qu’un endroit fermé. Aussi bien le Dr Mohamed Bekkat Berkani (membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie de coronavirus et président du Conseil national de l’Ordre des médecins) que le professeur Nouredine Zidouni (spécialiste en maladies respiratoires) ont déjà affirmé qu’il y a «moins de risque de contamination au Covid-19 lorsque les gens sont en plein air que dans les endroits confinés». Ce qui devrait laisser penser que cela pourrait bien se passer au niveau des plages, mais seulement «si les gens respectent les mesures barrières», ont-ils averti.

Le déconfinement était «nécessaire», selon le Président Tebboune
Hier, à l’occasion de la réunion gouvernement-walis, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a estimé que le déconfinement partiel était «devenu nécessaire pour l’économie nationale et pour le moral du citoyens», et c’est qui a motivé «les décisions à ce sujet du Haut Conseil de sécurité et du Conseil des ministres». A l’adresse des walis, il a déclaré que «la prise en charge des préoccupations locales est au cœur de vos principales missions dans le cadre de l’édification de l’Etat de droit et la plus urgente, à l’heure actuelle, c’est le suivi quotidien de l’évolution de la situation sanitaire sur le terrain, dès samedi prochain, afin de pouvoir intervenir rapidement au besoin en vue de juguler la propagation de la pandémie, même si cela doit passer par un nouveau confinement sanitaire».
Le chef de l’Etat a, également, souligné le lien entre «la maîtrise de la situation sanitaire, en attendant l’acquisition du vaccin adéquat» et «la réunion des conditions propices à la mise en œuvre du Plan de la relance socio-économique». Il a rappelé, à ce propos, les walis à «prendre les décisions qui s’imposent au regard de l’évolution de la situation sanitaire au niveau de chaque wilaya».
Pour rappel, le dispositif de mise en œuvre de la décision portant «ouverture graduelle et contrôlée des plages, des espaces récréatifs, des lieux de plaisance et de détente, des hôtels, cafés et restaurants» se poursuit, depuis l’annonce faite par les services du Premier ministère samedi dernier jusqu’au jour J. Mais les mêmes services ont signalé, eux aussi, que la réouverture devra s’effectuer dans
le respect des protocoles sanitaires
de prévention et de protection contre la propagation de l’épidémie de
Covid-19. n