Par Hamid Bellagha

La souvenance de la crise des années 1980 qui a failli mettre le pays à genoux est dans toutes les mémoires. Une crise mondiale importée, conjuguée à une faible résilience de l’appareil économique de l’époque, et surtout des textes juridiques et financiers obsolètes ont fait vaciller la maison Algérie.
Depuis, toute une batterie de lois a été promulguée, mais n’a pas pu faire face au nouvel ordre mondial décrété par les puissances de l’époque. C’est que le législateur algérien met du temps pour analyser les données en sa possession et annoncer des changements qualitatifs. Des changements et des lois désuets dès leur approbation par les décideurs, généralement les deux chambres.
Cette fois, et tablant sur une assimilation des expériences passées, l’avant-projet portant loi sur l’investissement promet une meilleure souplesse des textes fiscaux et économiques, en plus de moult changements qui tiennent compte du fameux « trop d’impôts tue l’impôt ».
Un Conseil des ministres spécial loi sur l’investissement est en phase finale d’élaboration et permettra sans doute au gouvernement d’octroyer une meilleure nitescence aux industries et aux investisseurs résidents et étrangers grâce à des décisions qui promettent une vraie révolution dans le domaine.
Il ne s’agit pas de replâtrer un cadre juridique administrant l’investissement, mais de l’ajuster autant aux paris auxquels le pays doit faire face, en ayant à l’esprit que nous ne sommes pas en marge du village planétaire qu’est devenu le monde. Ainsi, on devrait assister à l’enterrement définitif du fameux 49/51 qui a fait tant de mal à l’économie algérienne. Donc, il serait congru de marquer les esprits afin que cet avant-projet de loi puisse devenir le déclencheur tant attendu et repartir sur de nouvelles bases à même d’être à la hauteur des espérances des investisseurs et, par là même, des appétences de croissance pérenne pour l’économie algérienne.
L’Exécutif est chargé d’arriver à persuader les opérateurs locaux et étrangers que les infortunes qui se levaient sur la route des investisseurs font désormais partie d’un passé lointain et que le terrain est de fait favorable aux projets soumis par ces mêmes investisseurs.
Il ne faut pas oublier non plus qu’en amont de cet avant-projet subsistent des lois caduques qui sont de véritables entraves à tout investissement, comme le guichet unique qui ne l’a jamais été, une administration vorace de documents inutiles et un environnement immédiat très hostile à un accompagnement judicieux des entrepreneurs. Un tout dont il faudra tenir compte quand il sera temps de rédiger le projet final sur l’investissement.