Sur fond de Covid-19… La «nécessaire» vaccination contre la grippe saisonnière…

Alea jacta est, le sort en est jeté. La campagne de vaccination contre le virus de la grippe saisonnière devrait être lancée le 3 novembre prochain. C’est ce qu’a annoncé le Directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), le Dr Fawzi Derrar, spécifiant que l’Algérie avait importé 1,8 million de doses de vaccins. Le sort en est jeté, car cette vaccination saisonnière est spéciale cette année du fait de la pandémie de la Covid-19 qui présente les mêmes symptômes mais est plus létale que la grippe «classique».
L’objectif cet hiver est donc de faire vacciner le plus grand nombre de personnes exposées au risque de contamination à la grippe saisonnière, comme l’a déclaré le spécialiste en pneumologie, le Pr. Salim Nafti.
Il estime, à l’instar de plusieurs spécialistes de maladies infectieuses où pneumologiques, «primordial d’assurer la vaccination aux catégories dites vulnérables ou peu immunisées», les personnes âgées de 65 ans et plus, les malades chroniques, les femmes enceintes et les enfants de moins de 6 ans. Cette catégorie pourrait assister à un préjudice sanitaire plus important que les années précédentes car il existe un autre risque plus important «en cas d’éventuelle atteinte du coronavirus.»
Même si la température est encore clémente en ce premier mois d’automne, quelques cas de grippe saisonnière ont été signalés çà et là, mais sans grande gravité ni «association» au Sras 2.
Le Pr Nafti espère «obligatoire» la vaccination des personnels de la Santé afin de se prémunir de la grippe saisonnière, de même que les étudiants en médecine et ce, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La crainte du Pr Nafti fait suite, sûrement, aux chiffres très bas du personnel de santé qui passait par la case vaccination, car 5% à 10% seulement se faisaient piquer.
Il affirme aussi à l’APS la primordialité de garantir un nombre suffisant de tests PCR, le «seul moyen» de différencier «le gène» des deux virus. Il rappellera de même que la vaccination contre la grippe saisonnière «ne protège nullement de la Covid-19», mais qu’elle laisse le soin à l’immunité humaine de se consacrer au combat contre la Covid-19, exclusivement.
Néanmoins, l’expert a exhorté au renforcement et au respect rigoureux des mesures préventives, notamment suite à la réouverture des magasins, des locaux, des écoles et des universités, et prochainement les moyens de transports privés, des gestes barrières qui protègent des deux virus qui se transmettent par la voie aérienne ou tactile.
Le Pr. Noureddine Zidouni, pneumologue à l’hôpital Hassani-Issad de Beni Messous, pour sa part, insistera sur les mises en garde contre la non-observation par certains sujets contacts du confinement à domicile, et rappellera l’application des mesures dissuasives à l’encontre des «contrevenants».
De son côté, Dr Bekkat-Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus, a estimé qu’«il n’y a toujours pas d’enquête nationale sur les foyers de propagation du virus, à l’exception de celle menée par l’Institut Pasteur et dont les résultats seront prochainement annoncés», appuyant que les cas les plus courants sont «familiaux» dus au non-respect des règles protectrices et à l’organisation de regroupements et de fêtes.

L’inquiétude de l’OMS
Le Directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de son côté, a réitéré, dimanche à Berlin, son espoir à la solidarité mondiale dans la dotation de tout futur vaccin contre le coronavirus. «Vacciner certaines personnes dans tous les pays plutôt que toutes les personnes dans certains pays» est le crédo actuel de Tedros Adhanom Ghebreyesus, en l’attente d’un vaccin salvateur.
Il ajoutera que «le nationalisme vaccinal prolongera la pandémie, ne la raccourcira pas», ceci au moment où des scientifiques du monde entier œuvrent à mettre au point un vaccin contre la Covid-19, qui a déjà tué plus de 1,1 million de personnes. Des dizaines de vaccins sont actuellement éprouvés dans des essais cliniques, dont dix sont au stade le plus avancé de phase 3, impliquant des dizaines de milliers de volontaires, avec très peu de cas d’effets secondaires notables.
La Chine, l’Union européenne, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon et un grand nombre d’autres pays ont déjà passé d’importantes commandes aux entreprises qui créent les vaccins les plus prometteurs, et si certains labos promettent de commercialiser leur vaccin à un plafond de 6 dollars, Pfizer, l’américain, a d’ores et déjà annoncé la couleur… de l’argent en affirmant un prix «déraisonnable», même au sein des pays riches, renforçant les craintes de l’OMS quant au fait que les pays les moins riches pourraient être négligés.
Parant au plus pressé, l’OMS a déclenché un programme international, dénommé Covax, pour aider à assurer un accès approprié aux futurs vaccins, mais, comme toujours, elle éprouve d’énormes difficultés à rassembler les fonds indispensables au dit projet. <