Les commerçants, dont les activités sont gelées depuis près de trois mois par mesures de protection contre la pandémie du coronavirus, espèrent reprendre du service. Ceux affiliés à l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) voient dans leur rencontre avec le ministre du Commerce Kamel Rezig, prévue à son siège mardi prochain, une lueur d’espoir, affirme à Reporters le président de l’UGCAA, Hazab Ben Chahra. «L‘occasion nous sera donnée pour faire part au ministre de suggestions qui puissent permettre un retour d’activités des commerçants lourdement impactés par trois mois d’arrêt et donc sans revenus». Ce dernier nous informe dans que «les commerçants impactés s’engagent à respecter avec toute la rigueur les consignes de protection et particulièrement le port de masque et la distanciation». Evoquant dans ce même ordre d’idées le cas particulier des taxis urbains, Hazab Ben Chahra nous a fait savoir que «les taxieurs s’engagent à ne prendre en charge que deux clients à l’arrière en étant séparé d’eux avec un voile en polyester». Ainsi, selon ce responsable, «avec de tels engagements garantis, le ministre pourrait défendre la demande des commerçants, des taxieurs et des petits métiers d’ouvrir boutique et d’assurer la continuité des services, mais aussi leur permettre de souffler après trois mois sans entrée d’argent». A propos de l’aide de 10 000 DA destinée au commerçants impactés par la crise sanitaire que traverse le pays, le président de l’UGCAA nous a révélé que «nombreux sont ceux qui nous ont affirmé qu’ils n’attendraient pas l’aide de 10 000 DA accordée par le gouvernement s’ils étaient autorisés à reprendre leurs activités tout en respectant les consignes sanitaires». Et de nous faire observer dans ce sens : «Ce qui intéresse beaucoup plus les commerçants impactés, c’est de reprendre leurs activités car pour eux ces 10 000 DA ne leur sont d’aucune aide après trois mois sans revenus qui ont fini par laminer très vite leurs faibles économies après s’être acquittés des charges fixes».
220 000 commerçants – chiffre avancé par le gouvernement – ont perçu cette aide de 10 000 DA. Comme il y a lieu de savoir que des commerçants affiliés à l’UGCAA contactés par Reporters nous ont témoigné à l’unanimité que les mesures de confinement induisant l’arrêt de nombreuses activités commerciales et libérales sont dans l’intérêt du citoyen et donc acceptent ces mesures, «mais après trois mois sans revenus et apprenant le prolongement de la période de confinement de quinze jours, certains commerçants seraient tentés de rentrer dans la clandestinité. Ce qui d’ailleurs a eu lieu chez les coiffeurs à la veille des fêtes de l’Aïd où des salons ont travaillé sans relâche à rideau baissé. Comme ça été le cas pour les cafés populaires où le gérant servait les clients en cachette», nous a rapporté un de nos locuteurs. Tandis que selon un autre, «les prestataires de services de proximité à l’arrêt n’attendent que le feu vert du moment qu’ils s’engagent à respecter les mesures de protection». On en saura un peu plus dans ce sens à l’issue de la rencontre du bureau exécutif de l’UGCAA avec le ministre du Commerce. n