Le millier d’employés de l’usine du groupe Amor Benamor, qui produit des pâtes et du couscous, située à Guelma, sont enfin fixés sur leur devenir après sept mois de chômage technique d’office suite à la mise à l’arrêt, en août 2020, du groupe sur décision de justice avec en sus l’emprisonnement de son P-DG Amor Benamor et le gel du compte bancaire du groupe. Les employés ont, en effet, rejoint leur poste de travail depuis mardi dernier. Une reprise très attendue par l’ensemble des employés sans salaire depuis le mois de janvier dernier.

Selon B. Abdellatif, porte-parole des employés dudit groupe industriel, repris par la radio régionale, qui confirme l’information, les lignes de production de l’usine ont commencé à tourner mardi après la réception d’une première cargaison de matière première, du blé dur. Pour le détail de cet important arrivage, il s’agit de 23 587 tonnes de blé dur en provenance du Canada à bord d’un navire de type vraquier, le Federal Hudson, battant pavillon Marshall Islands. Toujours à propos de ce vraquier et de sa cargaison, il importe de rappeler qu’il n’a reçu son autorisation d’accostage pour pouvoir décharger qu’après 34 jours passés en rade (ndlr : arrivé à Annaba le 14 janvier dernier). «Un séjour en rade qui a coûté à l’importateur, le groupe Amor Benamor, 554 000 dollars en surestarie», rapporte la même source. Le représentant des employés a, par ailleurs, avancé que la reprise des 12 lignes de production que compte l’usine va se faire en deux temps. «Le couscous en premier avant d’enchaîner avec les pâtes courtes et longues», a-t-il précisé. Non sans lâcher dans la foulée : «Tout cela au grand bonheur de notre grande famille.». A ce propos, il y a lieu de savoir que le groupe détient pas moins de 26% de parts de marché dans les couscous et pâtes alimentaires produits localement. A partir de cette donne, on peut comprendre que l’arrêt de la production des Moulins Amor Benamor et l’absence de ses produits sur le marché, depuis plusieurs mois, ont provoqué une tension sur ces denrées dans le circuit de la distribution, qui s’est d’ailleurs illustrée par la hausse de leur prix sur les étals des commerces de détail. Concernant les lignes de production de semoule et de farine du groupe, le représentant des employés a fait savoir que l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a repris l’approvisionnement des minoteries Amor Benamor en blé subventionné par l’Etat «mais il sera destiné exclusivement à la production de semoule dans toute ces variantes», a-t-il enfin confié. Cela étant, il faut remarquer que la remise en marche des lignes de production du groupe Amor Benamor a été rendue possible à la suite du déblocage des comptes bancaires du groupe permettant ainsi d’assurer l’importation de la matière première au groupe industriel, décidée par l’administrateur désigné par la justice.
Disons enfin que les consommateurs ne seront que bénéficiaires par ce retour à la production chez le groupe Amor Benamor, car l’offre sur le marché sera plus importante et le risque de pénurie éloigné.