Les initiatives citoyennes, en parallèle ou à la place des programmes des autorités locales, se sont multipliées ces derniers jours à travers le pays en vue du nettoyage et de l’entretien des canalisations d’évacuation des eaux de pluie.

Par Nadir Kadi
Des actions, sur le terrain, démontrent une certaine prise de conscience sur le risque que peut représenter le manque d’entretien des avaloirs en cas de fortes précipitations, d’autant que les services des prévisions météo annoncent déjà (hier) des précipitations dans au moins neuf wilayas du Nord du pays, dont Sidi Bel Abbès, Tissemsilt, Tiaret ou encore Djelfa et Médéa. Et plus largement le «message» partagé par les promoteurs de ces initiatives lancées au lendemain des dramatiques incendies, «la mobilisation citoyenne peut limiter les risques d’inondations», l’un des slogans de ces campagnes se résume en ces termes : «le pays brûle, ne le laissons pas se noyer».
En effet, ces campagnes de nettoyage sont lancées le plus souvent par des membres d’associations, de clubs sportifs ou de collectifs de quartier… Le club cycliste de Annaba «Geen Bike» partage ainsi depuis plusieurs jours les résultats de ses actions dans différentes régions en appelant en substance à «retenir les leçons du passé (…) Nous avons pleuré les brûlés nous ne voulons pas pleurer des noyés». L’obturation des canalisations, en effet, participe à l’aggravation des inondations, le collectif écrit à ce titre dans plusieurs de ses messages «mon pays n’est pas une poubelle». Et les images et vidéos des nettoyages des avaloirs, et plus encore des oueds et des rues de Annaba, Cherchell ou Bouira… sont très souvent édifiantes quant à l’ampleur de la tâche et du laisser-aller des responsables, normalement chargés de ces missions. Situation qui est, malheureusement, similaire dans l’ensemble des régions du pays, la radio de la wilaya de Tizi Ouzou, déjà durement touchée par les flammes, rapportait dernièrement que des habitants de la cité AADL dans la commune de Draâ Ben Khedda avaient eux-mêmes organisé une opération de nettoyage et de curage des canalisations d’eaux pluviales pour éviter le risque d’inondation.
Programmes d’entretien et d’assainissement qui relèvent en principe des autorités locales, il est en ce sens à signaler que la commune de Sougueur (Tiaret) a lancé, dès le 17 août dernier, une large campagne de nettoyage pour prévenir des risques d’inondations pouvant survenir durant l’automne et l’hiver prochains. Le président de l’APC, Thamer Boudela, a indiqué à l’APS que «10 camions et 3 engins de collecte des ordures de la commune» ont été mobilisés. La commune de Sougueur a, en effet, été «choisie» comme commune pilote pour le lancement de la campagne au niveau de la wilaya, les «principaux points noirs», qui multiplient les risques en cas d’inondations, seraient les oueds. Elle concentre sur certaines zones de «l’oued aménagé pour la protection de la ville des dangers des inondations», notamment au niveau du tronçon qui longe la Route nationale N 23 et traverse plusieurs quartiers, ainsi que la sortie vers la commune d’Aïn Dheb. En ce sens, il a été indiqué que pas moins de 60 tonnes de détritus ont été collectées de l’oued durant la première journée. Un chiffre qui donne la mesure de la tâche, sachant que le programme devrait continuer durant «deux à trois semaines».
Quant à la wilaya d’Alger, une région qui avait enregistré, les 7 et 8 septembre 2020, de très fortes pluies qui avaient paralysé l’ensemble de la capitale, la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) a fait savoir qu’elle lançait «un plan de prévention des risques d’inondations». Son principal axe se concentrera sur la «surveillance permanente de 40 points noirs sur le réseau d’assainissement principal», soit 3 800 km à travers les 13 circonscriptions administratives de la ville. Autre programme, qui devra pour sa part s’inscrire dans la durée, l’opération «de curage, de nettoyage et de désenvasement» des lits d’oued, le Directeur des ressources en eau de wilaya, Boukercha Kamel, a expliqué à ce titre que les services de la wilaya d’Alger ont fait appel à 14 entreprises, en coordination avec la Seaal et l’Etablissement de maintenance des réseaux routiers et d’assainissement (Asrout) pour le «curage et le nettoyage des lits d’oued» mais aussi «des collecteurs d’eau et des regards au niveau de chaque circonscription administrative de la wilaya».
Pour rappel, 85 postes de relevage sont répartis à travers la capitale, notamment à Bab Ezzouar, Bordj El Bahri, Carroubier et El-Harrach, leur rôle de consiste, selon la Seaal, «à relever les eaux usagées et les eaux de pluie des cours d’eau vers d’autres embouchures pour éviter les inondations».