PAR INES DALI
L’approche de l’été et la nette amélioration de la situation épidémique font déjà rêver aux grandes vacances. La pandémie de Covid-19, qui a privé les Algériens de passer normalement leurs vacances et de voyager durant les deux dernières années, est en déclin et les perspectives d’un été meilleur sont bien là, à condition que les contaminations ne repartent pas à la hausse et qu’il n’y ait pas de nouvelles vagues Covid.
Citoyens et agences de voyages attendent avec impatience que soit annoncée une levée totale des restrictions sanitaires, afin que les premiers puissent se déplacer à l’étranger, après deux années de privation durant la saison estivale, et les seconds de voir leur activité reprendre à un rythme les aidant à dépasser le cap de la période durant laquelle ils étaient contraints de faire une longue pause.
Le programme des vols d’Air Algérie a été renforcé en mars dernier par le gouvernement et plusieurs destinations internationales ont été ajoutées à celles qui existaient déjà, en plus de l’augmentation des fréquences de vols sur les lignes opérationnelles précédemment. Dans le même sillage, le gouvernement a autorisé la reprise de nouvelles dessertes maritimes. Dans la perspective d’améliorer encore le programme, une plus grande ouverture est attendue, notamment de et vers les pays où il y a une forte communauté nationale. Mais pas seulement, puisque l’ouverture des frontières terrestres avec la Tunisie est un autre souhait que les Algériens expriment, sachant qu’un nombre important s’y rend pour passer les vacances de l’été.
L’amélioration de la situation épidémique aidant, beaucoup fondent de grands espoirs que l’été prochain ne sera pas similaire aux deux précédents.
Le Dr Mohammed Bekkat-Berkani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins, estime qu’il est tout à fait normal qu’il y ait ouverture des frontières aussi bien aériennes, terrestres que maritimes. Bien mieux, il était temps. Ainsi, il se déclare favorable à l’ouverture de toutes les frontières mais avec des réserves. «Je suis absolument d’accord pour une plus grande ouverture, mais sous réserves, bien évidemment, d’avoir le pass sanitaire» pour se déplacer de et vers l’Algérie. Il ajoute que les citoyens devraient posséder «le pass vaccinal, c’est-à-dire avoir fait les deux doses de vaccin». Il explique que c’est ainsi qu’«on diminue le risque de contaminations», car il ne faut pas oublier qu’«il a été prouvé que même les personnes qui ont été vaccinées peuvent refaire un Covid». «Certes, elles ne sont pas nombreuses, mais cela peut arriver», a-t-il dit, non sans estimer, par ailleurs, qu’«il faut ouvrir les frontières, il faut que les Algériens vivent».
C’est pratiquement le même avis que partage le Pr Idir Bitam à propos de l’ouverture des frontières. Lui aussi n’y voit pas d’inconvénient et l’encourage. Le professeur, spécialiste en maladies transmissibles et pathologies tropicales, a déclaré qu’il n’y a pas de mal à ce que les frontières soient complètement ouvertes, à condition de ne pas se départir complètement de ce qui constitue les éléments fondamentaux de protection contre la Covid-19. «En fait, nous pouvons ouvrir les frontières en Algérie, je ne pense pas qu’il y ait des problèmes, nous devons coexister avec le coronavirus», a-t-il indiqué, «mais sans abandonner les précautions et la vaccination», a-t-il ajouté.
A noter, par ailleurs, que le ministre des Transports a tenu, avant-hier dimanche, une séance de travail avec un député à l’émigration qui a indiqué avoir formulé une demande pour «l’augmentation des vols vers les aéroports qui n’ont pas été programmés dans les derniers ajouts», notamment en Europe. Ajoutant que l’accent a également été mis sur l’urgence de relancer le programme des traversées proposé par les compagnies maritimes desservant les ports algériens. <