La Cinémathèque algérienne et Musée du cinéma de la rue Larbi-Ben M’hidi propose au grand public, aujourd’hui dès 18 heures, la découverte de deux courts métrages intitulés « L’amertume » et « Le dernier mot » (Kalima El akhira » réalisés par Mourad Khan et Bentis Youcef. Ces films, projetés en présence de leurs réalisateurs, portent deux regards sur des problématiques de société.

Le premier sur la question des violences conjugales et celle, peut-être plus personnelle, de la dépression, en abordant la carrière et le parcours tourmentés d’un jeune cinéaste.
Le directeur de la Cinémathèque algérienne, Salim Aggar, nous a précisé, hier, à propos de l’initiative de Mourad Khan et Youcef Bentis, et plus largement de la mission de promotion qu’assure la Cinémathèque, que «les réalisateurs sont venus pour nous proposer leurs films et avons adhéré à leur démarche. C’est d’ailleurs une démarche que tous les cinéastes peuvent faire et nous les appelons à venir partager leurs œuvres avec le public ». Il nous a également précisé que l’affiche proposée au public met en avant le travail de deux réalisateurs de «talent », en soulignant que « Mourad Khan est un réalisateur et une personnalité du cinéma très connu. Quant à Youcef Bentis il s’agit d’un jeune réalisateur venu de Relizane, il est technicien de l’image et monteur (…) le film qu’il partagera avec nous est d’une très grande qualité artistique ». Le film de Youcef Bentis «Le dernier mot » étant par ailleurs adapté du scénario de l’auteure saoudienne Afnane Lenjaoui, et « évoque l’histoire de Chadi Moez, écrivain de génie, qui souffre d’une dépression sévère » et se réfugie dans « le monde du cinéma ». Les deux films devraient également intégrer les archives du Musée du cinéma à l’issue de leur projection. « L’un des avantages de ce genre de démarche de la part des réalisateurs est aussi que ces films resteront dans les archives de la Cinémathèque (…) Nous signons avec le réalisateur un dépôt légal, cela permet de l’intégrer au fonds du musée du cinéma et de le présenter régulièrement au public », ajoute le responsable de la Cinémathèque algérienne.

Fellini à l’honneur
Il a par ailleurs annoncé la tenue cette semaine d’un cycle « marquant le centenaire de la naissance du réalisateur italien Federico Fellini ». En effet, il y a cent ans, naissait l’un des plus grands réalisateurs du XXe siècle Federico Fellini. Le cinéaste a marqué à tout jamais les imaginaires et fantasmes cinématographiques de plusieurs générations. A cette occasion, la Cinémathèque algérienne organise du 8 au 15 février prochain le cycle des plus grands films du réalisateur italien, « La Dolce Vita », « La Strada », « Huit et demi » et « Rome ville ouverte » qui font partie des chefs-d’œuvres de ce géant du cinéma néoréaliste italien.

La production algérienne en débat le 15 février prochain
Dans un autre registre et dans le cadre de la promotion des productions nationales et des initiatives des jeunes réalisateurs algériens, le programme du samedi 15 février prochain sera, quant à lui, marqué par la tenue d’une rencontre avec le producteur algérien Mounes Khammar organisé par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc).
L’événement, notamment ouvert aux étudiants des écoles de cinéma, devant ainsi être axé sur la question des « perspectives de la production cinématographique en Algérie ». Le directeur de la Cinématique, également connu comme critique et spécialiste du cinéma, nous précise à ce propos : « Je peux vous dire que nous avons une production qui existe, des professionnels du secteur, le ministère de la Culture travaillent et encouragent cette production.» Il ajoute que «le problème se situe plus au niveau des retombées des films. La situation est simple nous investissons dans la production de films, mais ils ne sont pas rentables, ils ne remboursent même pas les sommes engagées». Cette rencontre du 15 février prochain sera ainsi ponctuée tout au long de l’après-midi du 15 février par la projection d’œuvres produites par Mounes Khammar, notamment le court métrage «le Dernier passager » ou le clip
« Ayam » de Warda al-Jazaïria. La rencontre abordera immanquablement les propositions des professionnels et perspectives du cinéma algérien. Un secteur souffrant entre autre « du manque de salles » et d’une « faible promotion», ajoute Salim Aggar en précisant néanmoins que les films algériens sont dans l’ensemble « corrects » voire « très bon ». En concluant que « nous n’avons pas encore de cinéma commercial, mais nous avons des films, dont plusieurs de grande qualité».

Programme
Samedi 8 février 2020 : Journée des cinéphiles
13h00 : « Psychose » d’Alfred Hitckock (à la demande de nombreux fans qui souhaitaient revoir le film)
15h00 : « Dolce Vita » de Fellini (1960) 180mn
18h00 : « Spécial » court métrage algérien de Mourad Khan et Youcef Bentis
Dimanche 9 février 2020
13h00 : « Dolce Vita » de Fellini (1960) 180mn
16h00 : « La Strada » de Fellini (1954) 101 mn
Lundi 10 février 2020
13h00 : « La Strada » de Fellini (1954) 101 mn
15h00 : « Huit et demie » de Fellini (1962) 138 mn
Mardi 11 février 2020
13h00 : « Huit et demi » de Fellini (1962) 138 mn
16h00 : « La Strada » de Fellini (1954) 101 mn
Mercredi 12 février 2020
13h00 : « Dolce Vita » de Fellini (1960) 180mn
16h00 : « Rome, ville ouverte » de Fellini (1946) 105 mn
Jeudi 13 février 2020
13h00 : « Rome, ville ouverte » de Fellini (1946) 105 mn
15h00 : « La Strada » de Fellini (1954) 101 mn