A la veille du verdict du tribunal de Dar El Beida, prévu pour demain, qui doit statuer sur la légalité de l’appel du Syndicat national des techniciens de la maintenance des avions (SNTMA) à une grève illimitée à partir de 31 juillet, le ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaalane, a affirmé jeudi à Alger que toutes les portes du dialogue étaient ouvertes pour les représentants des travailleurs.

D’ailleurs, le ministre a même exprimé sa satisfaction quant aux résultats du dialogue, actuellement en cours, avec les représentants des travailleurs de la compagnie, tout en les appelant à davantage de rationalité. Il a souligné que son département ministériel œuvrait et invitait à un dialogue permanent afin de rapprocher les points de vue des parties pour préserver l’équilibre de la compagnie, soulignant que «l’activité transport aérien n’assure pas une marge bénéficiaire importante et reste exposée, à tout moment, à des perturbations imprévisibles».
Par ailleurs, le ministre a souligné que la direction d’Air Algérie affrétait chaque année 3 avions afin d’assurer les vols de la saison du Hadj et le transport de la communauté algérienne établie à l’étranger lors de la saison estivale. Mais cette année, il a signalé que la compagnie n’a affrété aucun avion supplémentaire et ce, après des concertations avec ses travailleurs où il a été décidé de se limiter à la flotte actuelle afin de satisfaire la demande existante et de faire avec les moyens du bord. Pour le ministre, la saison se déroule actuellement dans de bonnes conditions. Il a réitéré, en outre, son appel aux travailleurs de la compagnie à davantage de rationalité afin d’éviter des déficits à la compagnie qui constituent également une perte pour le citoyen et le pays en même temps.
M. Boutoumi, président de SNTMA : «Aucun dialogue n’est en cours» En réponse aux déclarations de  M. Zaâlane, le président du SNTMA, Ahmed Boutoumi, a assuré qu’aucune négociation n’est en cours «ni avec le ministère, ni avec la direction de la compagnie», rappelant que la seule rencontre qu’il y a eue l’était avec un représentant du ministère venu leur demander d’arrêter la grève, et n’était pas mandaté pour négocier qui les revendications du syndicat. Contacté par «Reporters hier» le syndicaliste a déclaré : «On aime notre pays et notre compagnie, et nous ne voulons pas causer des pertes. On l’a prouvé lors de la grève d’avril 2017 où on a arrêté notre mouvement suite à des promesses des autorités». Selon le syndicaliste, ces promesses n’ont pas été tenues. Il a expliqué que le recours à la grève est un acte de civisme et que les travailleurs sont en train d’exercer leur droit constitutionnel. «C’est le seul moyen pour arracher nos droits que nous attendons depuis des années sans résultats», a-t-il déclaré. M. Boutoumi a fait remarquer que la corporation des techniciens d’Air Algérie ne travaille pas uniquement pour la compagnie. «On travaille aussi pour Tassili, le MDN, la Protection civile et d’autres compagnies», explique-t-il. Concernant la plateforme des revendications, M. Boutoumi a affirmé que ces travailleurs ne demandent pas une augmentation de salaire mais «une justice salariale par rapport à leurs collègues de la même compagnie», ajoutant qu’«on ne se compare pas à des compagnies internationales». <