Le Front des forces socialistes (FFS) a commémoré hier le 58e anniversaire de sa fondation en 1963, une halte, au-delà de sa portée historique, qui s’est déroulée sous le poids du contexte préélectoral pour les prochaines joutes locales et qui voit le vieux parti de l’opposition faire face à la grogne de sections locales opposées à l’option de la direction nationale du parti qui a décidé de se lancer dans la bataille du 27 novembre prochain.

PAR NAZIM BRAHIMI
La cérémonie de commémoration, qui a eu lieu au cimetière de Medouha (Tizi Ouzou) et pour laquelle a été choisi le mot d’ordre «résistance et clairvoyance», a été marquée par la présence des membres de la direction nationale.
Dans son intervention à cette occasion, le premier secrétaire du parti, Youcef Aouchiche, a tenté de mettre en avant les conditions de création du FFS, les étapes qu’il a traversées tout en soutenant l’idée que le parti reste fidèle à l’esprit de sa fondation au lendemain de l’Indépendance pour «revendiquer l’Etat de droit, la justice sociale et le respect des droits humains».
«Les deux mots que nous avons choisis pour cette halte (résistance et clairvoyance) ont une portée significative dans l’histoire de notre parti, hier comme aujourd’hui au vu de la situation que vit le pays», a indiqué M. Aouchiche.
Ce dernier a souligné, par la même occasion, que le FFS fait face à une «adversité», ajoutant que le parti «continuera sa lutte loin de toutes les manœuvres et tous les complots».
L’orateur a développé par la suite les arguments politiques sur lesquels le FFS a bâti son option de participation aux élections locales, une option qui ne fait pas l’unanimité dans les structures locales, mais que la direction nationale défend bec et ongles.
«Notre message aux militants du FFS et aux Algériens en général, c’est que nous restons dans notre cohérence politique», a-t-il déclaré, en lançant des critiques «aux gens hostiles au FFS qu’ils émargent dans la sphère du pouvoir ou parmi ceux qui prétendent s’y opposer».
Pour M. Aouchiche, «il y a une guerre systématique contre le politique et contre les partis politiques», exhortant les militants à prendre «conscience» des conséquences de leurs visées de dépolitisation de la société.
«Entre la gestion autoritaire du pouvoir, son choix du tout sécuritaire, et ceux qui sont en train de promouvoir des plans qui risqueraient de porter atteinte à notre souveraineté, nous avons choisi la voie médiane, celle de l’unité, de la souveraineté populaire et de la démocratie», a-t-il ajouté.
Toujours à l’adresse des auteurs des attaques contre le parti depuis la dernière délibération de son Conseil national portant participation aux élections locales, M. Aouchiche a réagi en indiquant que l’objectif de ces attaques «est d’éloigner notre parti» et de peser sur «les enjeux politiques de la nation grâce à son discours rassembleur, responsable et nationaliste…».
D’où, la volonté, dira-t-il, de ne pas laisser le pays et le parti en proie «aux artificiers qui aspirent à l’effondrement de l’État algérien et à ceux qui, par calculs, s’agrippent à l’immobilisme politique général et se dressent farouchement contre toutes velléités de changement démocratique en Algérie». Le responsable du FFS n’a cependant pas réagi de manière franche aux contestations qui émanent des structures organiques du parti, invitant militants et cadres à prendre conscience que le parti a pris une «décision responsable et courageuse».