Les ministres de l’Opep et leurs alliés se retrouvent demain mercredi pour tabler sur les prochaines étapes de réduction de leurs coupes volontaires de production alors qu’auparavant l’OPEP+ avait décidé d’augmenter sa production de pétrole brut à partir du mois d’août. Pour l’heure, les cours du pétrole étaient en légère baisse hier. En effet, le baril de Brent pour livraison en octobre valait 44,63 dollars à Londres, en recul de 0,38% par rapport à la clôture de vendredi.
A New York, le baril américain de WTI pour le mois de septembre lâchait 0,24% à 41,91 dollars.
Devant ces tendances à la baisse, les investisseurs sont tournés cette semaine vers la réunion désormais mensuelle des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés, connus sous la bannière OPEP+. Ces derniers doivent décider mercredi s’ils maintiennent la marche prévue de l’allègement de leurs coupes de production d’or noir mises en place au mois de mai pour contrer la chute de la demande provoquée par la pandémie de Covid-19. Elles seraient de l’ordre de 8,1 à 8,2 millions de barils par jour (mbj) inscrits dans le calendrier initial pour le mois d’août plus les compensations espérées des pays n’ayant pas respecté leurs quotas, des compensations qui devraient se poursuivre au mois de septembre.
«Les investisseurs espèrent que l’offre restera sous contrôle car la demande mondiale de pétrole est encore très fragile», a commenté Naeem Aslam, analyste d’Avatrade.
Prévue initialement mardi, cette réunion du Comité de suivi de l’accord de l’OPEP (JMMC) aura finalement lieu le lendemain par visioconférence, a indiqué le l’OPEP lundi.
De plus, «la résurgence du Covid-19 dans le monde entier, notamment en Europe, semble avoir eu un effet négatif sur les attentes en matière de consommation», a souligné Jeffrey Halley, analyste de Oanda.
Soulignons que les perspectives moroses de l’Agence international de l’énergie (AIE) ont vite fait de se traduire par un repli des cours du pétrole. Comme il est utile de savoir que malgré ce point de vue légèrement plus pessimiste sur l’évolution de la demande de pétrole en 2020, le comité ministériel conjoint de suivi de l’accord OPEP et non-OPEP (JMMC) qui s’est réuni en juillet dernier n’a pas remis en cause la politique de quotas actuellement en place, qui prévoit une augmentation de 2,0 mb/j de la production OPEP (hors Iran, Libye et Venezuela) d’août à décembre. En pratique, l’augmentation devrait être un peu moins importante, car, selon l’accord, seuls les pays ayant respecté leur quota en mai et juin auront la possibilité d’augmenter leur production. Les autres pays (principalement l’Irak, le Nigeria, et l’Angola) se verront appliquer des quotas supplémentaires pour compenser leur surproduction. Retenons qu’en juin dernier suite à l’annonce de l’OPEP, les prix du pétrole brut ont légèrement baissé la semaine qui a suivi, mais se sont depuis lors rapidement redressés et ce grâce aux réunions quasi mensuelles du JMMC et à une politique de quotas bien suivie. Ce qui peut être interprété comme un signal fort de l’OPEP rassurant les acteurs du marché pétrolier indiquant qu’elle est aux commandes et capable de réagir rapidement à l’évolution des conditions de marché.<