Nouveaux records des prix sur le marché pétrolier. Hier, au premier jour de la semaine, les cours de l’or noir poursuivaient leur ascension pour s’afficher à leurs plus hauts
sur deux années et demie, alors que la réunion mensuelle de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires est attendue dans deux jours pour décider de la ligne en matière de production.

Par Feriel Nourine
En séance asiatique, les cours du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août atteignent 76,60 dollars, contre 74,45 dollars pour le West Texas Intermediate (WTI), une première depuis le mois d’octobre 2018. Un peu plus tard, sur le marché londonien, la référence européenne valait 76,18 dollars, parfaitement stable par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril de WTI, gagnait un timide 0,08%, à 74,11 dollars.
Les investisseurs « continuent de surfer sur la vague haussière avant la réunion de l’Opep+ de cette semaine », a constaté Ricardo Evangelista, analyste d’ActivTrades. Les treize membres de l’Opep et leurs dix alliés via l’accord Opep+ se réuniront jeudi pour statuer sur leurs niveaux de production à compter du mois d’août. Neil Wilson, de Markets.com, attend « une augmentation de la production du cartel d’un demi-million de barils par jour », une estimation largement partagée sur le marché.
Par ailleurs, « il semble peu probable que les Etats-Unis lèvent les sanctions contre l’Iran dans un avenir proche », ajoute-t-il, alors que vendredi dernier, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait annoncé ne pas avoir reçu de « réponse » de l’Iran sur une possible extension de l’arrangement temporaire sur les inspections nucléaires qui vient d’expirer, de quoi compliquer les négociations toujours en cours. Les Etats-Unis et la France ont averti dans la foulée que le temps pressait pour sauver l’accord sur le programme nucléaire. Pour les investisseurs pétroliers, il s’agit de savoir si les sanctions qui empêchent actuellement l’Iran d’exporter sa production seront allégées, ce qui changerait drastiquement l’équilibre du marché de l’or noir et pourrait peser sur les cours.
L’évolution positive des prix du pétrole pourraient pousser l’Opep+ à assouplir davantage son programme de réduction en août, avaient indiqué des sources proches de l’alliance, la semaine dernière. Après avoir réinjecté 2,1 millions de barils par jour au marché de mai à juillet, l’Opep+ avait achevé sa dernière réunion mensuelle sans décider de la démarche à suivre pour le mois d’août, notamment en termes de volume à rajouter face à la demande qui est en train de monter. En ce sens, des pourparlers sont déjà en cours depuis plusieurs jours en prévision de la réunion de jeudi, signifiant que l’Arabie saoudite et la Russie cherchent déjà à trouver un terrain d’entente.
Moscou a insisté pour augmenter encore sa production pour éviter une flambée des prix, tandis que les principaux producteurs de l’Opep, tels que l’Arabie saoudite, n’ont donné jusqu’à présent aucun signal sur la prochaine étape. n