L’Opep+ devrait annoncer aujourd’hui une augmentation de la production d’environ 840 mb/j en juillet, conformément à l’accord actuel. Cette réunion est particulièrement attendue par les observateurs car elle marque la fin de l’accord d’avril, visant à ramener progressivement plus de 2 mb/j sur le marché.

Par Bouzid Chalabi
Devant un scénario fort plausible, le marché pétrolier a commencé la semaine en hausse hier lundi. En effet, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, valait 69,46 dollars à Londres, en hausse de 1,08% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril de WTI pour le mois de juillet s’appréciait de 1,12% à 67,06 dollars. Il faut dire également que les hausses enregistrés sur les deux barils de référence témoignent que les marché sont rivés sur le sommet l’Opep+ qui réunit aujourd’hui mardi les treize membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix alliés, emmenés par l’Arabie saoudite et la Russie, respectivement troisième et deuxième producteurs mondiaux de brut.
A propos de l’ordre du jour de cette réunion, il sera consacré à l’évaluation de la politique de hausse par palier pendant trois mois de la production d’or noir qui a réellement commencé ce mois-ci ainsi que son éventuel prolongement à compter du mois d’août. Toujours à propos du sommet d’aujourd’hui, l’analyste Avtar Sandu estime que l’alliance des producteurs «est susceptible de s’en tenir au rythme actuel» décidé lors d’un précédent sommet en avril dernier. Cet avis est d’ailleurs largement partagé sur le marché. Ce même analyste juge que «si les perspectives pour la demande d’or noir notamment en Europe et aux Etats-Unis sont plutôt bonnes et encourageraient les producteurs à ouvrir davantage les vannes, le groupe doit veiller au niveau de l’offre iranienne à même de revenir sur le marché à moyen terme». Faut-il rappeler dans ce sens que l’Iran est en effet engagé dans des négociations indirectes avec les Etats-Unis à Vienne, par l’entremise des Européens, afin de ressusciter un accord encadrant son programme nucléaire. Si les pourparlers aboutissent, la levée d’un certain nombre de sanctions économiques, dont l’embargo sur le pétrole en vigueur depuis 2018, ouvrirait la porte à une hausse de la production de près de 1,5 million de barils par jour si l’on compare le niveau actuel de Téhéran à celui d’il y a trois ans. Il importe de préciser que pour répondre à la demande du marché, les pays de l’Opep disposent d’une capacité de réserve importante (environ 6-7 mb/j) et d’un potentiel de 1,5 mb/j en Iran, sous réserve de l’évolution des discussions portant sur le volet nucléaire, même si la probable nomination de l’ultraconservateur Ebrahim Raissi à la prochaine élection présidentielle (18 juin)risque de retarder le rapprochement avec les USA.
Notons enfin que le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, prendra part aux travaux de la 17e Réunion ministérielle Opep-Non Opep (Opep+) qui se tiendra par visio-conférence, a indiqué hier un communiqué du ministère. On apprend également de cette même source que la réunion d’aujourd’hui sera précédée le même jour par la 30e réunion du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC), qui aura à évaluer, sur la base du rapport établi par le Comité technique conjoint de suivi (JTC), la situation du marché pétrolier international, ses perspectives d’évolution à court terme, ainsi que le niveau de respect des engagements de baisse de la production pour le mois de mai 2021 des pays participants à la Déclaration de Coopération. A propos du JMMC, il y a lieu de savoir qu’il se compose des pays membres de l’Opep qui sont l’Algérie, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, l’Irak, le Koweït, le Nigeria et le Venezuela et de deux pays non membres de l’Organisation, à savoir la Russie et le Kazakhstan. L’Angola participera également aux travaux du JMMC au titre de Président de la Conférence de l’Opep.<