Par Bouzid Chalabi
Outre le fait que la prochaine réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires (Opep+), prévue ce mercredi 5 octobre 2022 au siège du cartel des producteurs de pétrole, se tiendra physiquement pour la première fois depuis mars 2020, elle est aussi d’une extrême importance car il se pourrait que les treize membres de l’organisation décident d’une baisse de la production pour galvaniser les prix.
C’est d’ailleurs l’approche de participants à la prochaine réunion de l’Opep+, mercredi prochain, repris par l’agence Bloomberg. Comme des analystes du marché pétrolier avancent à propos de cette réunion que «les participants vont se retrouver sur fond de rumeurs de réduction de la production face aux craintes de récession».
Pour l’heure, les craintes d’une baisse de production de l’Opep+ pesaient sur les cours. Toujours dans ce même sillage, les spéculations en amont de la réunion du 05 octobre 2022 sur une possible baisse de la production durent depuis plusieurs jours. Ce à quoi les analystes de banques, comme UBS ou JPMorgan, estiment que «l’organisation des producteurs de pétrole sera obligée d’intervenir pour empêcher la fonte des cours».
Notons par ailleurs qu’ à mesure que les perspectives économiques s’assombrissent, et avec elles, celles de la demande en brut, les murmures s’intensifient. Notons que les deux références mondiales du brut ont nettement reculé depuis la dernière réunion de septembre, se situant autour de 80 dollars, bien loin des sommets enregistrés en mars, à 139,13 dollars pour le Brent de la mer du Nord et 130,50 dollars pour le WTI, au début de la guerre en Ukraine.
Pour revenir à ce retour physique des réunions de l’Opep, il y a lieu de rappeler qu’avant la pandémie, les producteurs se retrouvaient deux fois par an dans la capitale autrichienne. Mais depuis le printemps 2020, les 23 membres se réunissent chaque mois, par vidéoconférence, pour affiner au mieux leurs objectifs devant la volatilité de la demande. Faut-il également évoquer qu’au printemps 2020, l’organisation et ses alliés avaient laissé volontairement sous terre des millions de barils pour ne pas inonder le marché avec un pétrole qu’ils ne pouvaient pas absorber du fait des confinements et restrictions sanitaires. Une stratégie qui a fonctionné dans la mesure où les prix ont fléchi au printemps 2020 mais sont remontés sous l’effet de cette initiative décidée par l’Opep+.
Toujours dans ce même registre de rappel, l’accalmie est ensuite revenue et du coup l’organisation et ses alliés ont alors décidé d’augmenter de nouveau la production en 2021. Mais face aux craintes de récession, l’alliance avait opté début septembre dernier pour une réduction des volumes, qu’elle pourrait donc choisir d’accélérer. En effet, l’Organisation avait déjà annoncé en septembre la réduction de son objectif de production total de 100 000 barils par jour pour octobre. Ce qui pourrait avoir lieu dès lors où « les spéculations vont bon train sur de nouvelles réductions que pourrait procéder l’Opep+». Mais ce sont surtout «les spéculations croissantes selon lesquelles l’Opep+ pourrait diminuer sa production «, affirme John Plassard, analyste chez Mirabaud.
Toujours dans ce même ordre d’idées, «l’hypothèse d’une nouvelle baisse des quotas du groupe est largement partagée par les analystes», estime Han Tan, analyste chez Exinity. Selon ce dernier, «l’Opep doit démontrer avec force sa volonté de ramener les prix aux fondamentaux du marché». On le saura à l’issue de la réunion de ce mercredi 05 octobre. <