«La promotion de tamazight n’a été portée que par les fonds et recettes de l’Etat, aucune entité privée n’a pris la peine de financer le travail qui se fait au niveau du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA) pour consolider la place de tamazight dans la société », a regretté hier le secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad, lors d’une conférence de presse organisée à Alger.

Concernant la loi organique censée organiser les champs d’application de tamazight sur l’échiquier institutionnel, le secrétaire général du HCA dit qu’elle est «imminente». «On n’a même pas commémoré une année de l’officialisation de tamazight. On ne veut pas faire les choses dans la précipitation », a-t-il renchéri. Cette loi, va «cadrer la place de tamazight dans toutes les institutions pour consolider sa place suivant le cadre des amendements de la nouvelle Constitution». Concernant l’Académie de langue amazigh, M. Assad explique qu’elle ne va pas « commencer son travail ex nihilo, mais va le faire sur la base du travail accompli jusque-là par notre institution ».

Le tamazight standard qui ne fait pas l’unanimité ; priorité du HCA
Sur un autre volet, Assad a réitéré l’engagement du HCA à standardiser la langue amazigh dans un seul glossaire. « Le tamazight standard va faire le consensus entre toutes ses variantes. Nous avons besoin de mettre un lexique standard qui va faire le consensus et trouver une plate-forme de concept consensuel que doivent utiliser les utilisateurs de tamazight ». En premier lieu, les écoliers vont commencer à étudier le tamazight par la variante locale ou langue maternelle, mais quand ils passent à un deuxième pallier, on va leur enseigner le tamazight standard, «qui n’est pas un tamazight spécifique mais un tamazight riche avec ses termes ». S’il est vanté par le HCA, le tamazight standard est largement critiqué par certains linguistes, à l’image d’Abderezzak Dourari, directeur du Centre national pédagogique et linguistique de l’enseignement de tamazight.

Perspectives et stratégie du HCA pour 2017
Le secrétaire général du HCA a, par ailleurs, présenté le bilan des activités du HCA en 2016, les perspectives et stratégie qu’il va adopter pour l’année 2017.
En effet, et afin de donner une dimension nationale à tamazight, il a annoncé la signature, demain, la veille de la célébration du Nouvel an amazigh 2967, d’un partenariat avec Algérie Poste pour l’utilisation du tamazight dans cette entreprise et l’émission de timbres postaux en tamazight.
Sur un autre volet, il a indiqué que sur instruction du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le Centre national de recherche en langue et culture amazigh va être inauguré le 6 février, pour coïncider avec la célébration de la première année de l’officialisation de tamazight.
Evoquant le programme du HCA pour l’année 2017, Si El Hachemi Assad a annoncé l’élaboration d’un programme pour célébrer le centenaire de la naissance de l’écrivain, anthropologue et linguiste Mouloud Mammeri (1917-1989) avec, entre autres, la réédition et la traduction vers le tamazight de ces œuvres, des colloques et un festival dédié à l’Ahalil à Timimoun. 2017 sera également «l’année de la formation continue» des enseignants de tamazight, des greffiers du secteur de la justice et des journalistes exerçant en tamazight, a-t-il indiqué, en plus de la participation à «l’amazighisation de l’environnement» par l’usage de concept signalétiques proposés par le HCA qui a choisi Béjaïa comme wilaya pilote de ce projet. Concernant la célébration du Nouvel an amazigh, elle sera marquée cette année par un riche programme de festivités, impliquant « plusieurs secteurs ministériels », et des caravanes culturelles qui sillonneront une dizaine de villes du pays, du 11 au 16 janvier, a indiqué Assad qui a annoncé plusieurs représentations musicales, conférences, expositions, et un petit salon du livre, qui impliquent cette année, entre autres, « les secteurs de la culture, de l’éducation nationale et de la jeunesse et des sports en plus des collectivités locales et la Protection civile». Cette «large mobilisation » pour Yennayer 2967 dénote, selon Si El Hachemi Assad, d’un « réveil identitaire » du citoyen algérien qui s’est «réconcilié avec son histoire ».