Après avoir rebondi le lundi, premier jour de la semaine, les prix du pétrole maintenaient leur regain hier à Londres, évoluant sans direction en cours d’échanges européens, à trois jours de la réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qui devra décider des suites à donner à la proposition de l’Arabie et la Russie d’augmenter la production.

L’après-midi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 75,38 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 4 cents par rapport à la clôture de lundi.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour juillet baissait, par contre, de 55 cents à 65,30 dollars une heure après l’ouverture. Le rebond des prix de la veille a été provoqué par la réaction de l’Iran qui a annoncé dimanche qu’il comptait exercer son droit de veto à une éventuelle proposition saoudienne d’augmenter les objectifs de production, selon une information de l’agence Bloomberg.
Toutefois, l’augmentation la proposition russe d’augmenter par la production de 1,5 million aurait déjà été annulée, et Moscou et Riyad auraient opté pour une augmentation modérée, de 300 000 à 600 000 barils par jour, pour convaincre l’Iran, mais aussi le Venezuela et l’Irak qui restent opposés à une augmentation de la production, faute d’avoir la capacité de relancer leurs extractions.
De leur côté, les ministres de l’Opep commençaient à arriver hier à Vienne pour assister à des réunions qui s’annoncent tendues vendredi et samedi. L’ambiance devrait être conflictuelle entre les 24 pays concernés par l’accord de réduction en vigueur depuis début 2017. Ces représentent plus de 50% de la production mondiale de brut.
Les géants russe, non membre de l’Opep, et saoudien, un des piliers de celle-ci, nt donc quelques jours pour convaincre le cartel et ses dix partenaires.
Au premier rang des récalcitrants, l’Iran, qui voit d’un mauvais œil son rival régional saoudien exiger une révision qui risque de faire baisser les prix du pétrole, tandis que Téhéran, pénalisée par les sanctions américaines, ne pourra pas augmenter ses extractions.
«Cette réunion va être extrêmement politisée», a prévenu Amrita Sen, analyste chez Energy Aspects, interrogée par l’AFP. Côté saoudien, la position est ambigüe. Jusqu’en avril, le ministre de l’Energie saoudien, Khaled al-Faleh, affirmait que le marché pouvait supporter des prix du baril plus élevé. Mais le Royaume a soutenu le président américain Donald Trump lorsqu’il a décidé de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien et d’imposer de nouvelles sanctions au pays.
Ces sanctions pourraient empêcher l’Iran d’exporter son pétrole, une crainte qui a fait s’envoler les prix du brut début 2018.
En Russie, les entreprises pétrolières privées ont de plus en plus de mal à justifier auprès de leurs actionnaires de retenir leurs extractions, et à ne pas profiter de la hausse des cours.
Etablis fin 2016, les objectifs de baisse de production ont fait rebondir les prix de l’or noir, brièvement passé sous les 30 dollars début 2016 avant de dépasser les 70 dollars au deuxième trimestre 2018.