La signature de la crise sanitaire subie par l’Algérie est partout. Quel que soit l’angle de vision, la Covid-19 est bien en face. La pandémie est, ces derniers jours, incontournable, et ses conséquences sont observables à tous les niveaux.
Les statistiques officielles quotidiennes sur le nombre de contaminations et de décès ne sont plus les seuls repères. Même les chiffres, pourtant très demandés, sur la campagne de vaccination, ne sont plus au-devant de la scène. C’est qu’il y a maintenant urgence. Il est question de (sur)vie ou de mort.
L’asphyxie ne concerne pas uniquement la capacité d’accueil des hôpitaux, le manque d’oxygène au niveau des établissements de santé, constaté dans plusieurs régions du pays, est actuellement le «fléau» parallèle au virus lui-même. Devant des paroles se voulant rassurantes des responsables du secteur, la situation est en train de devenir de plus en plus insupportable. Les exemples sont multiples et ce n’est pas les discours officiels qui vont les effacer. La Covid-19 tue et le manque d’oxygène est devenu son arme fatale.
Les retombées ne se font pas attendre. Les cris de détresse sur les réseaux sociaux, demandant de l’aide pour trouver de l’oxygène, deviennent de plus en plus nombreux. Des wilayas entières sont en état d’alerte. La psychose n’est plus une vue de l’esprit et ce qui s’est passé avant-hier à Sétif en est l’expression même.
Les hôpitaux surchargés, le corps médical submergé et les stocks d’oxygène insuffisants ! Que faire ? Baisser les bras et subir n’est pas, bien sûr, la solution. D’où l’importance d’un sursaut collectif. Avec toutes ses tares, ses malheurs, la Covid-19 apporte avec elle également une énième occasion pour réveiller la société algérienne de sa torpeur. La solidarité nationale s’impose. Il y a déjà quelques tentatives, certes timides, mais elles ont le mérite d’exister. Des collectifs ont ainsi été créés dans l’espoir de récolter des dons pour pouvoir acquérir des concentrateurs d’oxygène. Ce n’est pas trop tôt, ce n’est pas trop tard. Le pays a besoin d’une vraie société civile qui dépasse les slogans creux et qui s’implique réellement sur le terrain. Même si cela a été souvent dit et écrit, mais le répéter ne fait pas de mal : il faut dépasser le stade de l’assistanat et commencer par se prendre en charge. Le «message» est citoyen, pour les citoyens.