Dans plusieurs wilayas du pays, les Algériens ont accompagné à leur dernière demeure, avant-hier et hier, des dizaines de personnes, jeunes, femmes et enfants parmi les 257 victimes du crash de l’avion militaire, survenu mercredi 11 avril, à quelques encablures de la base aérienne de Boufarik (Blida).

L’heure était au deuil, au recueillement et à la solidarité. Un deuil national comme décrété officiellement par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, que les citoyens ont marqué au plus profond de leurs cœurs et exprimé à travers les messages de compassion et de solidarité avec les familles des victimes.
La tragédie n’était pas seulement celle de ces familles, mais de toute l’Algérie. Les enterrements des victimes se sont déroulés dans la solidarité populaire pour laquelle est connu le peuple algérien qui, en de pareilles circonstances, sait comment s’unir pour affronter tel un seul homme le drame. L’opération d’identification des corps entamée le jour du crash se poursuivait encore hier et sur instruction du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP). Ahmed Gaïd Salah, qui s’était déplacé jeudi à l’Hôpital central de l’Armée à Aïn Naâdja (Alger), pour se recueillir à la mémoire des victimes, a insisté sur «la nécessité de prendre en charge les transferts des corps vers leurs régions d’origine et d’accélérer l’opération d’identification des autres corps».
Selon un communiqué du MDN, le général de corps d’armée, vice-ministre la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, a « présenté ses sincères remerciements et exprimé toute sa considération pour l’élan de solidarité et les sentiments de compassion dont fait montre le peuple algérien ».
Les Algériens, quant à eux, ont à leur tour, exprimé leur soutien à l’ANP. La mobilisation des citoyens autour des familles afin de partager leur douleur était grandiose à tel point que l’on avait l’impression qu’il s’agissait d’un « devoir » inscrit dans la Constitution.

La reconnaissance de l’ANP
Comment ne pas relever cette solidarité lorsque l’on sait que des hôtels privés à Blida ont assuré, depuis le jour du drame, une prise en charge gratuite à de nombreuses familles des victimes du crash de l’avion qui ont convergé en grand nombre vers la ville, à partir de différentes wilayas du pays, pour s’informer sur le sort de leurs enfants. Citoyens et autorités officielles ont agi comme seul homme durant cette tragédie. La direction de l’Action sociale de la wilaya (DAS) a ouvert deux centres d’hébergement au profit des proches, alors que le ministère de la Solidarité, de la Famille et de la Condition de la femme, a mis un numéro vert « 1527 », de façon permanente à la disposition des familles et des proches des martyrs pour leur apporter toutes informations, orientations ou aides psychosociales.

Douleur partagée
Plusieurs wilayas ont compté leurs victimes par dizaines, comme à El Tarf où ont été identifiées 8 personnes parmi les 17 qui se trouvaient à bord de l’Iliouchine, Médéa avec 15 victimes, Djelfa ou encore Béjaïa avec 4 et 3 victimes.
Les domiciles des familles concernées ont connu une affluence record et une impressionnante solidarité des citoyens. La douleur a été partagée. Tout comme dans les mosquées où la prière de l’absent a été accomplie hier en la mémoire des 257 victimes, sur instruction du président de la République.
Toutes les mosquées du pays, même dans les villages les plus reculés, ont respecté la consigne officielle bien que les citoyens l’auraient fait de leur propre initiative s’il n’y a avait pas instruction. Les traditions ancestrales des Algériens et de la société se seraient imposées en de pareilles circonstances.

Une prière et des hommages
A la mosquée Ketchaoua, le sort a voulu que la première prière de vendredi décidée après sa restauration coïncide avec celle de l’absent en mémoire des 257 martyrs. Plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, les ministres de l’Intérieur Noureddine Bedoui, de la Justice Tayeb Louh, des Finances Abderrahmane Raouia, des transports Abdelghani Zâlane, entre autres, des ambassadeurs et représentants diplomatiques ont accompli ces deux prières. L’imam a consacré une partie du prêche à ce tragique accident qui a endeuillé le peuple algérien, priant le Tout Puissant de compter les victimes parmi les martyrs. De son côté, Mohamed Aïssa, qui a supervisé officiellement l’accomplissement de ces prières, a rendu un vibrant hommage aux victimes de ce crash d’avion qui, selon lui, « ont sacrifié leurs vies, leurs biens et leurs familles, pour défendre l’Islam, la souveraineté et la liberté ». Des victimes qui « comptent parmi les chouhadas », a-t-il ajouté.
Mohamed Aïssa a salué les actions de bienfaisance menées par les habitants de Bab El Oued et de la Casbah, proches de la mosquée, dédiées à la mémoire des victimes de la tragédie, ayant permis de consolider davantage l’unité des Algériens et prôner les valeurs du sacrifice et de l’amour de la patrie.