Le général de corps d’Armée, vice-ministre de la Défense Ahmed Gaïd Salah s’est à nouveau exprimé hier sur la conjoncture politique et les éléments de crise qui la constituent depuis que le débat sur la scène nationale est marqué par trois grandes propositions de sortie : celle des défenseurs – Gaid Salah en tête – d’une élection présidentielle dans les délais les plus courts, celle des partisans d’un dialogue approfondi pour un scrutin balisé par des garanties politiques et techniques sans bavure et, enfin, celle des adeptes d’un processus constituant.

Le chef d’état-major de l’ANP est intervenu une troisième fois – sur le ton de l’« insistance » – après celle de lundi et mardi derniers pour une prise de parole qu’il a voulu comme symbole de clôture de la visite de trois jours à la 4e région militaire qu’il a bouclée hier à l’école des forces spéciales à Biskra.
Son propos, outre le fais de rappeler que la conviction du commandement de l’institution militaire est de voir l’Algérie tenir une élection présidentielle pour laquelle il a considéré « opportun » d’en convoquer le corps électoral pour le 15 septembre prochain – c’est-à-dire dans dix jours exactement -, est d’adresser de sévères critiques à ceux qui réclament des négociations directes avec l’Armée.
Pour Ahmed Gaïd Salah, cette revendication ne tient pas la route, car elle n’est pas compatible selon lui avec l’histoire du pays. Elle n’est pas loin de charrier des initiatives hostiles à l’Armée, a-t-il laissé entendre en dénonçant un « plan abject » contre l’institution et « sa capacité à consacrer le lien solide avec le peuple ». S’adressant aux « partis politiques (qui) demandent à dialoguer, voire négocier directement avec l’institution militaire, en s’inspirant des expériences de certains pays de la région dans la gestion des crises », il répond que ceux-là « ont omis sciemment que l’Algérie avec son illustre histoire, son vaillant peuple et ses positions leaders et immuables est l’exemple à suivre et non pas le contraire ». On rappelle, ici, que, outre des formations politiques qui ont comparé la situation algérienne à d’autres dans le monde, le collectif de réflexion (think tank) Nabni a publié une solide étude de comparaison sur les modèles de transition que certains pays en Amérique latine, notamment, ont connu.

« Résolution de la crise dans un cadre constitutionnel »
Aux mêmes formations politiques, le chef d’état-major de l’ANP rappellera que la « position constante » de l’Armée est d’être « attachée à une résolution de la crise dans un cadre constitutionnel, partant de sa conviction que l’Etat moderne est un Etat d’institutions, et l’attachement à la Constitution est un paramètre essentiel pour préserver l’existence et la continuité de l’Etat ».
Ahmed Gaid Salah affirme que l’institution qu’il représente « œuvre à l’accompagnement du peuple algérien digne, qui revendique avec insistance et prestement la tenue des élections présidentielles ». Il considère que l’Armée algérienne – qui témoigne à son peuple « toute la reconnaissance et la gratitude » pour l’avoir « soutenu avec force toutes les initiatives salutaires » – est la cible d’un « acharnement » qui fait « partie d’un plan abject, dont l’objectif est de bloquer et neutraliser » son rôle « de loyauté et de protection de la patrie ».
Son commandement, a-t-il dit,« était le premier à répondre aux revendications populaires avant toute autre partie, ce qui a menacé les intérêts de la bande et de ses acolytes et a mis en échec leurs plans visant à redéfinir le paysage national général selon leurs envies et celles de leurs maitres ».
A propos du scrutin, « j’aimerai insister encore une fois, a-t-il dit, que la situation ne peut tolérer plus de retard, elle exige au contraire la tenue de ces élections décisives pour le présent et le futur du pays, dans les délais que j’ai évoqués lors de ma précédente intervention, qui sont des délais raisonnables et acceptables qui reflètent une revendication populaire insistante, à même d’instaurer l’Etat d’équité et de droit ». Sans doute à propos des parties hostiles ou peu convaincues par la tenue d’un scrutin à la mi-décembre 2019, le vice-ministre de la Défense affirme que « l’égoïsme a aveuglé ceux qui (…) tentent vainement d’induire en erreur l’opinion publique et semer le doute sur toute initiative nationale salutaire pour résoudre la crise, œuvrant à pousser notre pays vers des méandres aux issues incertaines, au service des intérêts de la bande et de ceux qui gravitent autour d’elle ».