C’était l’effervescence hier sur le compte Twitter du Premier ministre Abdelmalek Sellal, dont le fil d’actualité a tenu en haleine les étudiants en pharmacie grévistes, de même que ceux de chirurgie-dentisterie, tous deux portant la même plate-forme de revendications.

Après la promesse que leur avait faite le chef de l’Exécutif, le 28 janvier dernier, sur le même canal, de les recevoir pour discuter de leurs préoccupations, c’est chose faite hier, M. Sellal ayant reçu une délégation des étudiants au palais du gouvernement. A l’issue de la rencontre, le Premier ministre déroge à la règle du communiqué formel qui sanctionne les travaux d’une réunion et préfère rendre compte sur Twitter des résultats de l’échange qu’il a eu avec les étudiants : « Les principales préoccupations des étudiants en majorité sont prises en charge par les hautes autorités […] Des améliorations objectives ont été décidées dans le cadre du respect des profils de formation et de carrière », a-t-il écrit, créant un raz-de-marée de réactions, de commentaires et de re-tweet des étudiants. Concrètement, selon l’un des représentants des étudiants, « un accord a été trouvé et il consiste à rééchelonner les étudiants à la catégorie 14 pour ceux qui continuent jusqu’à la 7e année ; en plus de la création de deux nouvelles spécialités : pharmacie industrielle et pharmacie hospitalière » ; ce qu’appelaient de leurs vœux les étudiants en pharmacie. Il faut rappeler que la rencontre qui a regroupé le Premier ministre et les étudiants grévistes intervient après l’annonce, il y a un peu plus d’une semaine, des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé assurant que leurs revendications seront prises en charge, mais seulement celles d’ordre « strictement pédagogiques », avait notamment indiqué le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, qui avait reçu des délégués des étudiants en chirurgie dentaire et en pharmacie et les a assurés que leurs revendications, qui relèvent d’un caractère strictement pédagogique, alors que d’autres revendications ne relevaient pas de leurs prérogatives, mais seront transmises à qui de droit pour leur prise en charge rapide et efficace. D’où le recours au Premier ministre, notamment à propos de leurs revendications quant au passage de la catégorie 13 à la catégorie 16 dans la nomenclature des postes de la Fonction publique. D’ailleurs, le ministre de la Santé avait informé, au cours de cette même audience, les délégués des étudiants que l’examen de cette question « demande du temps, car l’opération implique de nombreux intervenants et nécessite une étude approfondie dans le cadre du respect du principe de la cohérence globale régissant les corps particuliers relevant de la Fonction publique ». C’était la même réponse qu’avait apportée plus tôt le département de l’Enseignement supérieur qui réagissait à la grève des étudiants, auxquels il avait signifié que la majorité de leurs revendications allaient être satisfaites, faisant référence, lui aussi, « aux demandes pédagogiques des étudiants des deux spécialités relevant de ses prérogatives ». En attendant d’en savoir davantage sur les échanges qu’ont eus les représentants des étudiants grévistes avec le Premier ministre, cette rencontre est en soi un grand pas. Nous y reviendrons