Divisés en clans ou en groupes opposés, les patrons algériens vont, enfin, se retrouver autour d’une même table pour assainir leurs différends. C’est du moins l’objectif des associations d’Algériens installés en France qui projettent de réunir les hommes d’affaires nationaux pour un dîner qu’ils veulent de réconciliation.

Il s’agit du Mouvement citoyen algérien de France (MCAF), de l’Association de la société civile algérienne France (ASCA), de l’Union de la communauté algérienne à Paris (UCAP), des Arts et cultures d’Algérie-Paris (ACAF), du Conseil représentatif des Algériens de France et de l’Académie de la société civile algérienne. Selon les initiateurs de cette rencontre, Djilali Mehri, Issad Rebrab, Réda Kouninef, Omar Ramdane, Abderahmane Benhamadi, Ali Haddad, Saïda Nezgha, Habib Yousfi, Metidji Hocine Mansour, Abdelouahab Rahim, Mourad El Oulmi, Slim Othmani, Slimane Kerrouche, Kamel Moula, Hassen Khelifati, Laïd Benamor, Brahim Hasnaoui, Ahmed Mazouz, les P-DG des Groupes publics et pleins d’autres invités seront de la partie. Intitulée « Réconciliez-vous. Faites-le pour l’Algérie », les initiateurs estiment qu’avec « leurs querelles et divisions, ils donnent une mauvaise image de l’Algérie ». « Vous rendez le climat des affaires malsain et vous compromettez ses chances de développement », écrivent-ils. Ajoutant : « Nous ne serons pas complices de ce gâchis inouï. Quand des opérateurs économiques s’accusent mutuellement de favoritisme ou de blocage, on ne fait qu’affaiblir l’action de l’Etat. Tout le monde critique tout le monde et personne n’aime personne. C’est inadmissible, on ne peut ni être spectateurs ni cautionner cette situation désolante. » Par voie de conséquence, accusent-ils, « vous influencez sur l’attractivité et l’investissement étranger dans notre pays». « Le président de la République est parvenu à réconcilier les Algériens. Il a ramené la paix grâce à la concorde civile. Facilitez-lui la tâche pour développer et faire avancer l’Algérie. Le développement économique est la condition impérative pour préserver cette paix que nous avons chèrement payée. Cela passe par l’harmonie, le respect des règles et des lois de la République, la transparence et l’entente cordiales entre les chefs d’entreprise », argument-ils. Il y a lieu de rappeler dans ce contexte que plusieurs hommes d’affaires ont « dénoncé » des blocages dont ils seraient victimes. Certains sont allés jusqu’à accuser d’autres entrepreneurs d’être la source de leurs déboires. Selon les initiateurs, ce dîner de réconciliation sera organisé à Chéraga. Le patron de la centrale syndicale est convié et Haddad, Rebrab, Kouninef, Mehri et beaucoup d’autres ont déjà confirmé leur présence. Tout porte à croire que plusieurs dossiers en litige seront débatus au cours de cette soirée voulue de «réconciliation ».