C’est demain que les écoliers rejoindront les bancs des classes dans un contexte marqué par les appréhensions et appels du partenaire social à trouver une solution radicale à la surcharge des classes. Même la Commission de l’éducation l’APN s’inquiète et appelle à traiter ce «problème».

PAR MILINA KOUACI
Le nombre d’effectif par classe fait encore parler de lui en dépit des efforts déployés par les secteurs concernés et les assurances du ministre de l’Education nationale quant aux dispositions prises pour assurer un bon déroulement de l’année scolaire
Le personnel enseignant a exercé durant les deux dernières années suivant un plan exceptionnel et un mode d’enseignement par répartition de groupes. Avec le retour à la normale à partir de cette rentrée, les enseignants risquent de se retrouver avec des effectifs de 50 élèves et plus, mettent en garde des syndicats qui appellent la tutelle à mettre en place les mécanismes et moyens nécessaires permettant une scolarité normale.
En infraction des consignes du protocole sanitaire «le nombre d’élèves par groupe pédagogique a été augmenté l’année passée», dit Abdelouhab Lamri Zegar, porte-parole de l’Unpef, qui indique que son syndicat avait mis en garde des conséquences d’une telle démarche sur l’effectif des élèves dans une classe avec le retour à la normale. «Le problème va s’aggraver avec le retour à la normale», estime M. Zegar, qui reproche à la tutelle de ne pas prendre en compte l’avis des syndicats enseignants. «Le ministère nous sollicite mais fait ce que bon lui semble sans prendre en compte nos propositions», dénonce M. Zegar. Il aurait fallu étudier le retour à la scolarité normale avec le partenaire social pour éviter tout imprévu, clame-t-il. Dans tous les cas, «on le saura ce mercredi, mais il y a de fortes probabilités que ce problème soit posé encore cette année. Et nous demandons dans ce sens de mettre en place une stratégie pour mettre fin à ce problème qui affecte l’apprentissage et le rapport élève-enseignant», exige l’Unpef.
Pour le président de l’Union nationale des parents d’élèves (UNPE), Hamid Sadi, il est «prévisible» d’avoir des classes surchargées avec le retour à la normale. «La réalisation des écoles a connu un rythme lent tout au long de la conjoncture sanitaire exceptionnelle», dit M. Saadi.
Des acteurs sociaux redoutent de se retrouver avec des classes de 50 élèves et plus. «L’idéal est d’avoir des classes de 25 élèves, mais on ne peut s’abstenir d’inscrire nos enfants au risque de les priver de leur droit à la scolarité», poursuit le président de l’UNPE, qui a sollicité le ministère à ce sujet. «Le ministère nous a expliqué que le nombre maximum d’élèves admissible par classe sera de 44 élèves», expliquant que ce phénomène de surcharge ne concerne que quelques établissements et qu’il sera solutionné au fur et à mesure. Le secrétaire général du Satef, Boualem Amoura, a affirmé à maintes reprises que la rentée scolaire sera «difficile» en raison de la «non-livraison des infrastructures et du manque d’encadreurs».

L’APN s’inquiète aussi
La Commission de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et des affaires religieuses de l’Assemblée populaire nationale (APN) a tenu, dimanche, une réunion lors de laquelle l’accent a été mis sur la nécessité de traiter le problème de surcharge des classes, suite à l’annulation du système de groupes et le retour au système d’enseignement habituel, a indiqué un communiqué de la chambre basse du Parlement. Lors d’une réunion consacrée à l’élaboration de l’ordre du jour des travaux de sa session parlementaire ordinaire (2022/2023), les membres de la Commission de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et des affaires religieuses, ont insisté sur «la nécessité d’accompagner les responsables du secteur lors de la rentrée scolaire», relevant «l’impératif de traiter le problème de surcharge après l’annulation du système de groupes».
Dans un autre volet, la Commission a mis l’accent sur «l’importance d’assurer une répartition équitable des tablettes numériques» et «une bonne connexion internet», les députés ont estimé nécessaire «de procéder à l’évaluation de la réforme du système éducatif notamment en matière de programmes». Les membres de la commission ont appelé à l’organisation d’une journée d’étude pour traiter les lacunes du secteur de l’Education nationale et proposer des solutions concrètes aux problèmes dont il souffre. Ils ont également mis l’accent sur la nécessité d’organiser des visites d’information, dans le cadre des missions des députés pour le contrôle de l’action de l’exécutif. <