Jil Jadid a réagi, hier, à l’assassinat de Djamel Bensmaïl. Dans un communiqué signé de son président Soufiane Djilali, le parti appelle à la participation de tous dans l’apaisement des tensions dans le pays. Il affirme, également, que «le retour à la sérénité ne sera complet qu’après un jugement exemplaire de tous les responsables et leurs complices du martyre de Djamel Bensmaïl».

Par Salim Benour
«La nation devra rendre hommage au défunt, désormais érigé en repère dans la conscience collective et futur rempart devant la violence pulsionnelle et stupide», poursuit le président de Jil Jadid, ajoutant que «la nation devra rendre également hommage au père du défunt, Noureddine Bensmaïl, qui a porté sur ses seules épaules le poids incommensurable de la responsabilité de la paix civile». «Il devrait être décoré par le Président de la République de la plus haute distinction du pays», a-t-il préconisé.
«La grande dignité et la maîtrise de soi des amis et de tous les concitoyens de «Jimmy» de la ville de Miliana et d’ailleurs sont aussi à saluer pour leur grande retenue, leur courage et leur patience devant l’indicible souffrance infligée à l’un des leurs», a-t-il encore écrit dans le communiqué. «Une fois les faits du crime extirpés des supputations, il restera à expliquer le pourquoi du comportement d’une foule transformée en meute meurtrière», a-t-il ajouté dans ce qui semble être un appel à l’inventaire des raisons des évènements tragiques qui ont eu lieu à Larbaâ Nath Irathen.
«Ceux qui, au nom des libertés, des droits de l’homme et de la démocratie, ont depuis des mois poussé à la désobéissance civile, ont fait l’éloge de toutes les dissidences, ont flatté la violence par leurs discours et leur comportement dans les lieux publics, sur les plateaux des chaînes de télévision subversives ou dans les cimetières, portent une immense responsabilité dans les dérives de la foule», accuse Soufiane Djilali. «Les discours suprématistes de l’extrême droite identitaire doivent être définitivement bannis. Les lynchages médiatiques dans les réseaux sociaux de tous bords, sans exception, doivent être sévèrement punis. Enfin, aucun amalgame ne doit jeter l’opprobre sur toute une population d’une région à cause d’une minorité agissante. Les attaques injustes et racistes dont fait l’objet la Kabylie de la part de certains de nos concitoyens doivent être réprimées sans concession», appelle-t-il encore.
Le président de Jil Jadid n’est pas tendre non plus avec l’Etat qui «apparaît dans une faiblesse coupable». «Les contradictions internes, l’accumulation des faits de mauvaise gestion, l’état déplorable de nos hôpitaux, la corruption… persistent à tous les niveaux. La défiance populaire reste immense», constate-t-il. «La réhabilitation de l’Etat passe par des changements profonds qui ne sont malheureusement pas encore au rendez-vous», déplore-t-il encore. «L’encadrement de la solidarité sans blocages bureaucratiques, la mise en œuvre d’une véritable politique de protection contre les conséquences de la Covid-19, la véritable relance économique etc. sont des dossiers de première urgence pour redonner, de nouveau, un espoir aux Algériens», conclut Soufiane Djilali. n