PAR NAZIM BRAHIMI
Hasard du calendrier ou programmation ciblée, la rencontre gouvernement-walis, en cours depuis hier, intervient à deux mois des élections locales anticipées prévues le 27 novembre prochain pour le renouvellement des Assemblées communales et de wilaya.
Le contexte préélectoral a ainsi replacé indéniablement le pouvoir local au cœur de toutes les questions liées à la gestion des affaires publiques. C’est, en effet, dans ce contexte qu’apparaît la commune comme l’exemple même de la difficulté à trouver un management adéquat de la chose publique et à développer des dynamiques de développement socio-économique. Cette idée déjà manifestée par le nombre important de rencontres gouvernement-walis, confirmée par l’ouverture du chantier des zones d’ombre, retrouve une nouvelle visibilité avec la rencontre du week-end et dont les recommandations sont attendues ce dimanche en fin de journée.
Mais, en attendant de voir le contenu de ces recommandations, force est de constater que tout se passe comme si l’Exécutif cherche le moyen et les voies pour faire de la commune «un agent économique» – formule chère à l’ancien argentier Abdelatif Benachenhou – sans véritablement réussir jusqu’ici pour plusieurs considérations.
A l’évidence, cet échec ou cette contre-performance, si l’on doit atténuer le constat, s’est confirmé de manière dramatique durant cet été avec la découverte de collectivités locales impuissantes à prévenir et à lutter contre les feux qui ont ravagé de nombreuses localités. Preuve encore de cette mauvaise performance, la phrase lancée hier par le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, et qui sonne comme un bilan quand il a pointé ce qu’il considère comme «la persistance de disparités» dans les zones d’ombre, évoquant «la faible gestion» comme cause du non-succès de certains investissements à l’échelle locale.
Mais comment faire de la commune «un agent économique» quand deux-tiers des APC que compte le pays sont déficitaires ? «C’est le résultat de la politique d’assistanat», tranche le président de l’APC de Timizart, dans la wilaya de Tizi Ouzou. «En Algérie, la commune ainsi que les autres institutions sont des entités assistées depuis l’Indépendance», a-t-il expliqué, estimant que «l’économie locale a été marginalisée par l’Etat qui a choisi de mettre en place des politiques de développement qui ne tiennent pas compte des spécificités locales. Relevant que «cette politique a engendré des disparités à tous points de vue», le même responsable a regretté que «la centralisation» de l’approche qui a engendré des contre-performances alors que les potentialités de développement sont énormes. Y-a-t-il possibilité de voir la donne changer dans un avenir proche ? «On ne peut rien changer sans la révision du code fiscal et l’élargissement des prérogatives des élus», tranche le P/APC de Timizart. Ce dernier fera remarquer également que «le recouvrement est assuré par les trésoriers intercommunaux», une opération sur laquelle les P/APC et les Assemblées n’ont aucun pouvoir ou droit de regard.
Précisant que «ces trésoriers travaillent avec des moyens humains et matériels dérisoires», le même édile ajoute que «ceux qui ne payent pas leurs redevances sont rarement inquiétés», de quoi renvoyer la balle dans le camp des responsables politiques, dont le gouvernement Benabderrahmane est tenu, dans un contexte de crise, d’apporter des réponses adéquates aux aspirations des citoyens en matière de logement, d’emploi, de santé et d’infrastructures… n