Sorti de la sélection par la petite porte, Rabah Madjer y revient par le trou de la serrure. Durant cette CAN 2019, l’ex-coach des Verts, limogé il y a quelques mois, fait encore parler de lui. A défaut d’être sur le banc de touche, il se retrouve sur un plateau de télé, celui de la chaine égyptienne du groupe médiatique arabe, MBC. De par ses dernières sorties, Rabah Madjer ne donne pas l’impression d’avoir appris quelque chose de sa triste et morose période à la tête des Verts (octobre 2017 à juin 2018). Il y a quelques jours il s’est « distingué » en lançant une ineptie : « Belmadi est mon élève ».  La question n’est pas de savoir si le coach actuel de la sélection algérienne avait appris à ses côtés, mais plutôt, depuis quand Rabah Madjer pouvait se permettre de donner des enseignements en coaching !

 La période durant laquelle l’ex-star du FC Porto était entraîneur de la sélection algérienne (entre juillet 2001 et mai 2002) dans laquelle jouait Belmadi, ce dernier avait inscrit un seul but. C’était le 06 octobre 2001, lors du fameux match amical au « Stade de France », à Paris, entre la France et l’Algérie (4-1 pour les coéquipiers de Zidane, et rencontre arrêtée à la 74e minute).  Cette expérience de Rabah Madjer à la tête de la sélection algérienne s’était ponctué par un bien maigre bila : 2 victoires, 3 nuls et 4 défaites. Peut-être que Belmadi avait appris plusieurs leçons sur ce qu’il ne faut pas faire en tant qu’entraîneur. Dans ce cas la « lecture » de la déclaration sera autre.

Cette « boutade » de Madjer à propos de l’actuel coach des Verts est survenue juste quelques jours après une autre grosse « bévue », celle-ci plus proche d’un mensonge que d’une maladresse. C’était juste après la première rencontre des Verts en Egypte, face au Kenya, avec à la clé une victoire de deux buts à zéro. Le jeune Ismaël Bennacer (actuellement au club italien du FC Empoli) avait été élu l’homme du match. Vraisemblablement ne pouvant pas se retenir, et toujours sur le même plateau télé, Rabah Madjer affirme qu’il était « le premier à avoir découvert » l’international algérien, tout en ajoutant que sa première sélection « était avec moi » ! Pourtant l’histoire, la vraie, est là. La première sélection d’Ismaël Bennacer remonte au 5 septembre 2015. Le joueur, qui n’avait pas encore atteint ses 18 ans, portait, à l’époque, le maillot du club anglais d’Arsenal, et celui qui l’avait convoqué en EN était l’éphémère coach des Verts, le serbe Milovan Rajevac. Donc, acte.

Le Hors-série de FF

Ces malheureux épisodes de Madjer ne doivent néanmoins pas faire oublier le grand joueur qu’il a été. Le magazine de football « France Football » ne l’a pas oublié. Dans le hors-série spécial CAN 2019 sorti en juin, deux pages lui ont été consacrées. Il s’agissait de la republication d’une interview accordée, à l’hebdomadaire sportif, par Rabah Madjer il y a de cela plus de 31 ans. Datée du 12 janvier 1988, cet entretien donne un aperçu de la grande star qu’était à l’époque l’attaquant algérien. Rares ceux qui remettaient en cause le fait qu’il était l’un des meilleurs joueurs au monde.

D’ailleurs il n’avait pas hésité à titiller Diego Maradona (Champion du monde en titre) en affirmant qu’il « était plus complet » que l’argentin « pace que je joue différemment des deux pieds et de la tête ». Oui, en ce mois de janvier 1988, Rabah Madjer pouvait se permettre de se comparer au « El Pibe de Oro ». L’Algérien  était au summum de sa carrière. Quelques mois auparavant, il gagnait, avec le FC Porto,  la Coupe des clubs champions d’Europe (avec un but d’anthologie, en finale, face au allemands du Bayern de Munich), la Coupe intercontinentale  (à Tokyo, en inscrivant le but de la victoire, 2-1, face aux uruguayens du CA Penarol) et obtenait le Ballon d’Or africain. Même la folie des grandeurs lui était permise, et d’ailleurs, en tant que joueur, il n’en a pas abusé. Mais depuis qu’il a raccroché les crampons, son parcours est loin, très loin, d’être euphorique. En mettant de côté le fait d’avoir été directeur de la campagne présidentielle (2014) de Bouteflika à Doha, il y a surtout son parcours en tant qu’entraîneur. Depuis sa retraite, il n’aura coaché que deux clubs (du même pays, le Qatar : Al Wakrah et Al Rayyan) ainsi que la sélection algérienne, avec au bout, un bien faible palmarès (Coupe du Qatar, en 2006).  Malgré ces résultats, tout le monde aura remarqué l’assurance, très proche de l’arrogance, qu’il affiche, et depuis plusieurs années, quand il évoque son « travail » sur le banc de touche.

L’histoire retiendra qu’il était bien plus modeste lorsqu’il excellait en tant que joueur, que lorsqu’il parlait de tactique, qu’il n’a pas encore assimilé, à ce jour. D’ailleurs, même en tant que consultant, il n’arrive pas encore à (se) maitriser. Quand il sera plus convaincant dans sa reconversion, il ne devrait pas s’étonner, à ce moment là, si Ali Bencheikh lancera, face à l’écran, « Madjer est mon élève »…

@SalimKoudil

9h19#CAN2019 (08) : Un début par une élimination, et une « élimination », après une coupe

(#CAN2019) Résultats de la troisième journée (30 juin 2019) :

Groupe A :

Egypte 2-0 Ouganda

RD Congo 4-0 Zimbabwe

Egypte (1er) et Ouganda qualifiés (La RD Congo termine troisième avec 4 points et espère être repêchée parmi les 4 meilleurs troisièmes)

Groupe B :

Madagascar 2-0 Nigéria

Guinée 2-0 Burundi

Madagascar (1er) et Nigéria qualifiés (la Guinée termine troisième avec 4 points
t espère être repêchée parmi les 4 meilleurs troisièmes)