La 9e édition du Festival international du cinéma d’Alger-plus connu du public comme les «journées du film engagé » – a été programmée cette année du 1er au 9 décembre prochain avec à l’affiche près d’une trentaine de films.

Cinq courts métrages, dix documentaires et douze films de fiction, des œuvres «très récentes», dont plusieurs «pas encore sorties en salle», alors que d’autres ont été «gracieusement offertes» au Festival par leurs réalisateurs, a souligné, hier, la commissaire de la manifestation Zehira Yahi, lors de la conférence de presse, animée aux côtés de son conseiller artistique Ahmed Bejaoui, durant laquelle ils ont présenté les grandes lignes de la manifestation. Les responsables de la manifestation ont également annoncé que le festival, habituellement accueilli à la salle El Mouggar, serait cette année exceptionnellement abrité par l’Office Ridah el Feth (Oref). Précisant que «l’entrée restait entièrement gratuite », ils ont ainsi expliqué à propos de la «délocalisation » de ce rendez-vous cinématographique, que le chantier de rénovation de l’hôtel Safir avait «débordé » sur la salle El Mouggar, la rendant provisoirement inutilisable. «L’année dernière, les travaux avaient était stoppés durant une semaine pour la tenue du festival, mais cela n’est, semble-t-il, plus possible aujourd’hui », affirment-ils à ce sujet. Le festival prenant ainsi place cette année au niveau de trois espaces du complexe de Riadh El Feth, la salle Ibn Zeydoun, la cinémathèque Mohamed-Zinet (pour la rediffusion) et la salle Frantz-Fanon où se tiendront les rencontres et Master-Class. L’édition 2018 propose par ailleurs deux catégories de compétition dédiées aux films documentaires et aux œuvres de fiction, les courts métrages n’étant «pas assez nombreux pour organiser un concours». Les responsables ont annoncé que l’édition 2018 verra en plus des habituels «Prix du jury» et «Prix du public», la participation de l’Unesco «qui décernera la médaille Gandhi à l’un des films », a fait savoir Ahmed Bejaoui. La présentation de la 9e édition du Festival est ainsi revenue sur le travail de sélection des films, départagés depuis le mois de février dernier «parmi une centaine de propositions».
Les deux responsables du FICA ont ainsi fait le choix de mettre en avant des questions telles que les causes palestinienne et sahraouie, avec les films «Wajib» de la réalisatrice Anne-Marie Jacir, ou le documentaire «Bidoun Hawiya » de la Sahraouie Nayat Ahmed Abdesalam. Mais aussi, le sort des communautés d’origine immigrée en Europe avec des films documentaires tels que «Central Airport THF » de Karim Aïnouz ou «Les Enfants du hasard», des réalisateurs belges Thierry Michel et Pascal Colson. Cette 9e édition du Festival abordera également des questions liées à l’histoire avec, entre autres, les documentaires «Choisir a 20 ans » de Villy Hermmann ou «Enrico Mettéi et la Révolution algérienne» de Ali Fateh Ayadi. Par ailleurs, les organisateurs ont aussi programmé à l’occasion de cette manifestation une série de trois rencontres et Master Class, avec une table ronde animée par des directeurs de festival algériens et burkinabés qui se déroulera le 3 décembre prochain, ou encore un atelier placé sous le thème du «documentaire d’investigation entre les exigences de l’art et les impératifs de l’information » et animé par le réalisateur belge Thierry Michel, qui verra la participation d’étudiants de l’ISMAS. La commissaire du festival souligne, à propos de cette participation, que «le but est de revenir sur la différence entre un documentaire et un reportage. Une nuance que nous ne maîtrisons pas toujours chez nous.
Souvent, on nous envoie des documentaires qui au visionnage apparaîssent plus comme des reportages». La rencontre d’hier a aussi été l’occasion de revenir sur le bilan de l’édition 2017, ayant accueilli «10 000 spectateurs», a fait savoir Zehira Yahi.