A l’occasion du 9e Festival international de danse contemporaine, qui se déroulera à l’opéra d’Alger Boualem-Bessaih du 27 au 30 avril, avec l’Italie en tant qu’invitée d’honneur, la commissaire de la manifestation Fatima-Zohra Senouci Namous a animé, hier, une conférence de presse au Forum d’El Moudjahid où elle a présenté les grandes lignes de cette édition.

Fatima-Zohra Senouci Namous a d’emblée souligné que la grande nouveauté de cette année est « la présentation, pour la première fois, dans le cadre du festival d’une coproduction chorégraphique avec l’Italie, invitée d’honneur de cette édition, intitulée «La mer » sur une musique de Claude Debussy. Il faut savoir que l’Italie a une grande manifestation culturelle cette année dédiée aux rives de la Méditerranée» Elle ajoute que l’autre nouveauté de cette année «c’est la participation pour la première fois de la Hongrie avec la troupe « The Feledi Project » et du Canada avec la compagnie « Sinah Dance ».
Kirk Daniel Duguid, conseiller politique de l’ambassade du Canada en Algérie, confie en marge de la conférence que « c’est avec un grand plaisir que nous avons répondu à l’invitation de participer au festival. Nous avons choisi une campagne fondée par un de nos grands chorégraphes qui incarne l’esprit de fusion et de la diversité de la société canadienne». Il précise à ce sujet que Roger Sinha est Canadien, né au Royaume-Uni, avec des racines indiennes. Sa femme est québecquoise, franco-canadienne et les danseurs de la troupe viennent de plusieurs régions du Canada. « Cela nous fait plaisir de montrer cette diversité et cette fusion de la culture canadienne sur la scène algérienne, le 28 avril, à l’opéra, et le 29 à la salle El Mougar. » Pour sa part, le chorégraphe canadien Roger Sinha confie : « Mon travail est un mélange de danse indienne et de danse contemporaine. Et cela est très approprié pour la thématique du festival et le dialogue interculturel.»
Quant à Fatiha Aït El Hadj, assistante de l’ambassadeur de Hongrie en Algérie, elle exprime également la joie de la Hongrie de renforcer les échanges culturels à travers cette première participation avec la troupe « Feledi Project » qui donnera son spectacle le 27 avril lors de la soirée d’ouverture. Elle souligne que la campagne hongroise présentera le spectacle « Six danses » qui est une réflexion sur l’œuvre de Bela Bartok, « Danses folkloriques roumaines », écrit en 1915. Elle précise que « Feledi Project » est caractérisé par un haut niveau de connaissances techniques et une excellente présentation artistique.

800 DA le ticket d’entrée à l’Opéra
Une dizaine d’autres pays sont également présents à cette manifestation, à l’instar de l’Espagne, de la Croatie, de la Turquie, de la France, de la Russie, des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l’Egypte et du Mali.
 La commissaire de la manifestation a tenu à saluer les services culturels des ambassades des pays participants pour leur entière collaboration, en déclarant : « Cela montre leur envie de nous aider, d’aider la jeunesse algérienne. C’est un apport socioculturelle indéniable pour la promotion de la danse contemporaine et la culture. »
L’Algérie est également présente à cette manifestation avec la participation de plusieurs troupes, à l’instar du Ballet de l’Opéra d’Alger, de la troupe de la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou, de la compagnie «Arabesque» et des troupes «Face to Face» et «KBS» d’Aïn Defla.
La commissaire, sans dévoiler le budget de cette manifestation, a souligné que, contrairement à l’édition précédente, cette année le ministère de la Culture a apporté pleinement son soutien tant sur le plan moral, matériel que financier, ainsi que l’apport de plusieurs sponsors publics et privés qui ont permis à cette manifestation d’exister. Le prix du ticket d’entrée pour assister aux spectacles de l’opéra d’Alger est de 800 DA. Deux autres soirées sont organisées le 28 et le 29 au palais de la culture Moufdi-Zakaria et une autre à la salle El Mougar le 29 avril en partenariat avec l’Office national de la culture et de l’information (ONCI).

Une édition placée sous le thème de la « Fusion »
Le festival est placé cette année sous le thème de la fusion et les organisateurs soulignent à ce propos que «la notion de fusion prendra des propriétés plus symboliques, plus humaines. L’expression corporelle sera le noyau autour duquel s’opérera la fusion, de styles, de genres, de visions, de messages et de cultures».
Comme chaque année, le festival rendra hommage à des personnalités nationales qui ont œuvré pour le développement de la danse en Algérie. Cette année, le commissariat du Festival a tenu à honorer le chorégraphe Abdelkrim Nadir Roumani, et à titre posthume, le chorégraphe Smaïl Dahmani, pédagogue dans l’âme, décédé au mois de mars 2015.
En marge des spectacles de danse, des Master Class sont également organisés pour une soixantaine de stagiaires. « On a vraiment mis l’accent sur la formation sur les directives du ministre de la Culture Azzedine Mihoubi. Car il y a beaucoup de jeunes talents qui ne demandent qu’à se perfectionner et à être encadrés par des professionnels » Fatma- Zohra Senouci Namous souligne également, dans son discours: « J’envoie un message fort à l’adresse de tous les artistes, participants étrangers et algériens, pour continuer à s’investir davantage dans la créativité et l’encouragement de nouveaux talents. »