«Il y a 34 ans, venir à Cannes pour la première fois a changé ma vie et m’a confirmé que me dévouer à chercher des relations différentes avec l’humanité, à travers le cinéma, était la bonne décision. C’est toujours un privilège de revenir pour ce beau festival, pour y exposer mon travail mais aussi pour être inspiré par les plus grands artistes de ce monde. Je suis incroyablement honoré d’être célébré dans le cadre du 75e anniversaire du Festival», s’est réjoui l’acteur noir-américain Forest Whitaker

par Dominique Loraine
C’est, en effet, en 1988 que l’on mesura le talent de Forest Whitaker, un géant, à la démarche toujours chaloupée. Inoubliable, en saxophoniste visionnaire, Charlie Parker, un premier grand rôle dans le film de Clint Eastwood, «Bird» qui lui vaudra, à 27 ans, un Prix d’interprétation. Il reviendra six autres fois en Sélection officielle, dont trois en Compétition avec «La Reine des pommes» de Bill Duke, «Body Snatchers» d’Abel Ferrara et surtout «Ghost Dog : La Voie du samouraï», de Jim Jarmusch dans lequel il est un tueur à gages mélancolique qui vit selon les préceptes d’un code d’honneur des samouraïs du Japon médiéval. Beaucoup d’autres rôles ont marqué sa longue carrière d’acteur comme «Le Majordome» de Lee Daniels. «L’histoire d’un homme qui assiste à la marche du monde en direct. Le film interroge la recherche de la liberté, la poursuite du bonheur. Ce film était une formidable opportunité pour moi. J’avais besoin d’un défi qui me réveille», avait-il résumé.
Il sautera le pas, en devenant réalisateur (Strapped, Où sont les hommes?, Ainsi va la vie, Des étoiles plein les yeux), puis producteur. Son univers ne se limitant pas au cinéma, c’est un artiste également très sensible aux causes humanitaires. En 2012, il fonde une ONG qui opère en Ouganda, au Soudan du Sud, en Afrique du Sud, au Cameroun, au Tchad, au Gabon, au Mexique et même à Los Angeles. «En accueillant Forest Whitaker à Cannes, j’ai pu rencontrer et admirer un artiste au charisme immense et à la présence lumineuse», déclare Thierry Frémaux, Délégué Général. «Sa filmographie est à la fois éblouissante et pleinement accomplie. J’ai également pu observer de près ses convictions d’homme, l’attention qu’il porte à la jeune génération et sa foi en un monde meilleur, auquel il contribue lui-même – et concrètement, par son engagement – à améliorer. Rares sont les artistes qui trouvent un aussi bel équilibre. Forest y parvient et montre l’exemple». Cette Palme d’or amplement méritée est une belle reconnaissance de son talent mais aussi de son humanisme.

Tom Cruise à Cannes : Un homme affairé pressé
Tom Cruise a un emploi du temps de ministre. Pas le temps de s’attarder sur la Croisette, il n’y restera donc que quelques heures. La master class et la projection de «Top Gun Maverick» (présenté hors-compétition) sont prévues pour le mercredi 18 mai. Arrivé la veille, le mystère est bien gardé sur son lieu de résidence, a priori ni à Cannes ni dans un hôtel ou une villa des alentours. Certains prédisent qu’il pourrait atterrir près du Palais des festivals par hélicoptère qu’il piloterait lui-même, comme il l’a fait le 5 mai à San Diego pour l’avant-première du film. C’est sous les flashs des photographes que Tom Cruise (à la fois producteur et comédien) fera la montée des marches entouré de son équipe. Il a prévu de rester, tout de même, à la projection pour observer la réaction des spectateurs devant ses multiples cascades aériennes. Trente-six ans après sa première apparition, «Maverick» Mitchell (Tom Cruise toujours aussi fringant) continue à repousser ses limites en tant que pilote d’essai, cette fois pour une mission spéciale qu’aucun pilote n’aurait jamais imaginée. Frissons garantis !D. L.