Après une édition 2020, annulée pour cause de Covid, le Festival de Cannes 2021 (du 6 au 17 juillet) est dans les starting-blocks. Lancement ce soir avec Leos Carax et sa comédie musicale «Annette» en ouverture.

De notre correspondante : Dominique Lorraine
Dix jours durant, les festivaliers vont donc retrouver le Grand auditorium Lumière et la belle salle Debussy et voir des films sur grand écran, après des mois et des mois de streaming sur les plateformes. Mais pour cela, il faudra montrer patte blanche, un QR code prouvant la vaccination à deux doses ou un test PCR négatif (à faire toutes les 48 heures). Un pool de 50 opérateurs se tient prêt à faire les tests, sept jours sur sept, avec résultats gratuits en six heures. Et masque obligatoire pour tous, bien sûr.
Mais Cannes ne serait pas Cannes sans le glamour qui l’accompagne. Seule exception, les stars auront le droit de retirer le leur, traditionnelle montée des marches oblige, pour sourire aux photographes qui devront, eux par contre, garder le leur.
Autant dire, pour paraphraser le maestro du cinéma Michelangelo Antonioni, via les titres de deux de ses films phares, après l’éclipse, l’Avventura continue… et que le festival aura pris toutes les précautions pour préserver la bonne santé des spectateurs. Autre mesure inédite, toutes les séances nécessitent une réservation sur le site électronique du festival.
Le festival cette année est aussi très vert. Outre la création d’une section éphémère consacrée aux films qui traitent des questions environnementales, une série de mesures sont destinées à réduire son empreinte environnementale : suppression des dossiers de presse et des programmes papier, billetterie en ligne et bannissement des gobelets et bouteilles plastiques au profit de gourdes et de fontaines à eau.
Une petite ombre quand même, les premiers chiffres annoncent une baisse conséquente (de moitié) des accrédités, soit 20 000 personnes en tout. Les plus passionnés pourront donc découvrir la centaine de films en sélection officielle. «Cette pléthore de films est aussi qualitative, comme si, peut-être, les conditions particulières d’écriture, de gestation, voire de tournage et de montage des films, avaient bonifié la créativité de nos artistes», a précisé son directeur artistique Thierry Frémaux.
En compétition officielle, l’Italien Nanni Moretti «Tre Piani», le Français Jacques Audiard «les Olympiades», le Russe Kirill Serebrennikov avec «Petrov’s Flu» ou l’Iranien Asghar Farhadi «un Héros». Parmi les plus attendus, l’Américain Wes Anderson avec «The French Dispatch», tourné en France, ou encore le Néerlandais Paul Verhoeven avec son sulfureux «Benedetta» avec Virginie Efira. Pour la première fois en compétition le Marocain Nabil Ayouch avec «Haut et Fort», qui prend le pouls de la jeunesse marocaine et de ses aspirations.
Dans la section «Un Certain regard», on attend avec impatience le deuxième film d’Hafsia Herzi (comédienne découverte par Abdel Kechiche) «Bonne mère», et «Rehana Maryam Noor» d’Abdullah Mohammad Saad, premier film du Bangladesh à accéder à la sélection officielle. Le jury sera présidé par l’Américain Spike Lee (Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur pour l’épatant «BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan» en 2019) qu’on retrouve sur les affiches du festival, derrière de grosses lunettes et le regard déterminé.
Lors de la soirée d’ouverture, l’actrice et réalisatrice américaine Jodie Foster recevra la Palme d’or d’honneur, qui salue «un parcours artistique brillant, une personnalité rare et un engagement discret mais affirmé pour les grands sujets de notre époque».
L’immense cinéaste italien Marco Bellocchio, 80 printemps, sera, lui, honoré lors de la soirée de clôture avec une Palme d’or d’honneur, permettant au Festival de saluer sa carrière d’une richesse exceptionnelle.
Surprise de dernière minute, le film d’animation «Belle», du réalisateur japonais Mamoru Hosoda, sera présenté en avant-première mondiale. «Belle est le film que j’ai toujours rêvé de créer. J’explore la romance, l’action et le suspense ainsi que des thèmes plus profonds tels que la vie et la mort. J’espère que ce sera un grand spectacle de divertissement», confie Hosoda, un des réalisateurs les plus reconnus du cinéma d’animation nippon.

SPIKE LEE
Réalisateur – USA
Egalement scénariste, acteur, monteur et producteur, depuis 30 ans, l’infatigable Spike Lee traduit avec acuité les questionnements de son époque, dans une forme résolument contemporaine qui ne néglige jamais la légèreté et le divertissement. En pionnier, Spike Lee a ouvert la voie à une nouvelle génération de réalisateurs afro-américains

MATI DIOP
Réalisatrice – France, Sénégal
Son premier long métrage, «Atlantique» (2019), est sélectionné en Compétition officielle au Festival de Cannes, où il reçoit le Grand Prix. Le film est ensuite retenu dans la liste des 10 meilleurs films internationaux aux Oscars. sélectionnés et primés dans de nombreux festivals internationaux.

MYLÈNE FARMER
Auteure, interprète – Canada, France
Artiste féminine qui a créé un lien unique avec son public depuis plus de 35 ans : 35 millions de disques vendus et 2,7 millions de spectateurs ont assisté à ses shows pharaoniques à travers l’Europe et la Russie. Son univers musical est indissociable du monde de l’image et du cinéma. Elle a collaboré avec les plus grands parmi lesquels Abel Ferrara, Luc Besson, Darius Khondji.

MAGGIE GYLLENHAAL
Actrice, productrice, scénariste, réalisatrice – Etats-Unis
Maggie Gyllenhaal fait ses débuts à l’écran encore adolescente et apparaît notamment dans le film culte «Donnie Darko» (2001). Après plusieurs films à succès, parmi lesquels «World Trade Center», elle accède à une reconnaissance mondiale grâce à «The Dark Knight» de Christopher Nolan (2008). En 2009, son jeu dans «Crazy Hear»t (2009) lui vaut une nomination aux Oscars.

JESSICA HAUSNER
Réalisatrice, scénariste, productrice – Autriche
En 2009, «Lourdes» reçoit le Prix de la presse au Festival de Venise. Son cinquième film «Little Joe» est sélectionné en Compétition au Festival de Cannes en 2019 et permet à Emily Beecham de recevoir le Prix d’interprétation féminine. Grand succès du Festival, le film est vendu dans plus de 20 pays dans le monde.

MÉLANIE LAURENT
Actrice, scénariste, réalisatrice – France
Mélanie Laurent s’est imposée dans le cinéma, jouant dans plus de 40 films dont «Inglourious Basterds» de Quentin Tarantino. Elle fait ses débuts en tant que réalisatrice avec «Les Adoptés» en 2011, suivi du très acclamé «Respire» présenté à la Semaine de la critique en 2014. Son documentaire autour de l’environnement «Demain» est la plus grande sortie française de documentaire de l’année 2015.

KLEBER MENDONÇA FILHO
Réalisateur, scénariste – Brésil
«Les Bruits de Recife», son premier long métrage, est dévoilé au Festival international du film de Rotterdam (2012) et représente le Brésil aux Oscars. Le New York Times le classe alors parmi les dix meilleurs films de l’année. Son deuxième «Aquarius» est en Compétition au 69e Festival de Cannes (2016). En 2019, «Bacurau remporte le Prix du Jury à Cannes.

TAHAR RAHIM
Acteur – France
Révélé en 2009 avec «un Prophète» de Jacques Audiard, qui remporte le Grand Prix du Festival de Cannes, Tahar Rahim reçoit les César du meilleur espoir masculin et du meilleur acteur. Il enchaîne ensuite les rôles principaux en France et à l’international. En 2021, il connaît un succès international avec «le Serpent» et «Désigné coupable» de Kevin Macdonald, pour lesquels il obtient plusieurs nominations, dont le meilleur acteur aux Golden Globes et aux Bafta.

SONG KANG-HO
Acteur – Corée du Sud
Depuis ses débuts, il y a 26 ans, Song Kang ho a joué dans plus de 40 films, dont «The Host» (2006), «Snowpiercer» et le succès planétaire «Parasite» (2019). Tête d’affiche du chef-d’œuvre de Bong Joon-ho, premier film coréen à remporter la Palme d’or au Festival de Cannes et à décrocher quatre Oscars, Song Kang–ho a largement contribué à écrire une nouvelle page dans l’histoire du cinéma coréen.