«Everybody Knows» («Tout le monde sait»), le dernier-né de l’Iranien Asghar Farhadi, présenté mardi soir en ouverture et en compétition, en faisait le film le plus attendu, du moins à l’entame du festival. Il faut dire aussi que la présence en haut de l’affiche du couple, Javier Bardem et Penélope Cruz, y ajoutait cette touche glamour  qui a toujours fait partie  de l’ADN de Cannes…

À Cannes, l’Iranien Asghar Farhadi n’est pas un inconnu. En 2013, pour «Le Passé», Bérénice Bejo y avait remporté le Prix d’Interprétation. Trois ans plus tard, en 2016, c’est au tour de «Le Client» de décrocher le Prix du Scénario et le Prix d’Interprétation masculine pour Shahab Hosseini. C’est d’ailleurs ce même film qui aura permis à Farhadi de rentrer à Téhéran avec son deuxième Oscar du meilleur film étranger, le premier c’était en 2012, avec «La Séparation».
Comme à son habitude, le cinéaste iranien nous plonge avec «Everybody Knows» dans les tourments d’une famille, espagnole cette fois, confrontée à une disparition.
Laura (Pénélope Cruz), qui vit en Argentine, revient en Espagne avec ses enfants pour le mariage de sa sœur. Elle y retrouve l’ensemble de sa famille, ses amis d’enfance et Paco (Javier Bardem) son amour de jeunesse.
Mais la fête vire au drame quand elle constate que sa fille chérie, Irène, a disparu. Quand elle reçoit un SMS demandant une rançon, c’est alors la panique générale…
Cet évènement tragique va  faire ressurgir un passé, depuis trop longtemps enfoui. Alors que son mari  (l’acteur argentin Ricardo Darin dans un rôle assez inexistant) les rejoint, c’est de Paco que viendra la solution.
Le drame se déroule dans un village au cœur d’un vignoble espagnol.
Un microcosme où tout se sait mais où tous se taisent, et où la réussite grâce à un vignoble prospère, fait des envieux.
On a connu Asghar Farhadi plus inspiré. Car si le film commence assez fort avec la fête du mariage très joliment filmé puis la disparition de la jeune fille, la suite est décevante. On  reconnait ce qui faisait la trame d’«A propos d’Elly» réalisé en Iran : un week-end entre amis, une disparition,  des secrets intimes enfouis, une enquête criminelle. Mais ici, le dénouement laisse perplexe tant cela manque d’imagination. Peut-être que le cinéaste (un peu trop) séduit par l’atmosphère ibérique s’est-il laisser gagner par l’admiration qu’il porte au couple Bardem-Cruz qui sont pourtant  souvent partis en roue libre…