L’artiste et militante algérienne Nardjess Asli sera présente à la 70e édition du Festival international du film de Berlin (Berlinale 2020) à l’occasion de la présentation du documentaire « Nardjes A. » du réalisateur algéro-brésilien Karim Aïnouz. Un cinéaste et un artiste visuel brésilien d’origine algérienne basé à Berlin. A travers la journée de Nardjes Asli, une artiste et une activiste pour la démocratie, dont la famille s’est battue lors de la guerre d’indépendance, le film plonge au cœur des manifestations populaires en Algérie. Nardjess Asli avait été fortement médiatisée, au mois d’août dernier, suite à son interpellation diffusée sur une vidéo, sans autorisation, d’un sans-abri malade, délaissé au centre hospitalo-universitaire Mustapha-Pacha d’Alger. Nerdjess, également membre de l’association «Le cœur sur la main », a été arrêtée suite à une plainte en diffamation du directeur général de l’hôpital. Pour rappel, un montage brut du documentaire « Nardjes, Alger, mars 2019», avait été projeté le 1er septembre dernier, lors de l’atelier de postproduction « Final Cut» à la Mostra de Venise 2019. C’est sous le titre de «Nardjes A.» que le film documentaire finalisé sera présenté en première mondiale au 70e Festival de Berlin en février prochain. Sur le site électronique algériades.com il est précis », à propos de Karim Aïnouz, qu’il est né de mère brésilienne et de père algérien, originaire de Kabylie. Architecte de formation et photographe, il a grandi au Brésil, vécu trois années en France, puis à New York, avant de s’établir à Berlin. Le cinéaste raconte qu’il s’est rendu pour la première fois en Algérie, en 2019, avec le projet d’y tourner « Algerian by Accident », un essai autobiographique, une sorte de road-movie en forme d’exploration de ses propres racines algériennes et l’héritage de la lutte pour l’indépendance contre la domination coloniale française. Ironie du sort, les manifestations en cours en Algérie ont débuté une semaine après son arrivée dans le pays. Dans un article publié par Screen Daily du 31 août, Karim Aïnouz explique que tout cela avait un « double sens » pour lui, « alors que le Brésil se fondait littéralement en quelque chose d’horrible avec le gouvernement [du président] Bolsonaro, je suis arrivé dans ce pays, qui est supposé être mon deuxième pays, à quelque chose de vraiment beau, des jeunes dans les rues, marchant un vendredi, luttant pour la démocratie. C’était presque comme une sortie d’un scénario épouvantable ou génial». Le cinéaste se trouvait aussi à Venise pour montrer « A Vida Invisivel de Euridice Gusmão » (La Vie invisible d’Euridice Gusmão), qui a remporté le Prix « Un certain regard » au dernier Festival de Cannes. Le film a été acquis par les Studios Amazon pour les Etats-Unis et a été désigné par l’Académie brésilienne du film pour représenter le pays aux Oscars.
Ses précédents films, « Madame Satã» (2002), « le Ciel de Suely » (2006) ou « Praia do futuro » (2014) ont été sélectionnés à Cannes, Venise et Berlin. En 2008, il a en outre réalisé «Alice », une série de treize épisodes pour HBO Amérique latine. En tant que scénariste, il a notamment collaboré à «Avril brisé » de Walter Salles (2002), d’après le roman de l’Albanais Ismaïl Kadaré. En tant qu’artiste visuel enfin, son travail a notamment été exposé à la Biennale du Whitney Museum de New York, à celles de São Paulo et de Sharjah.n