Le verdict dans l’affaire de Nabil Mellah, patron du groupe pharmaceutique Merinal, en détention préventive depuis le 9 mai 2021, a été mis en délibéré pour le 31 juillet, par le tribunal de Sidi M’hamed qui s’est penché hier sur le dossier après plusieurs reports. Le procureur de la République avait requis une lourde peine de 7 ans de prison contre le patron de Merinal poursuivi pour «blanchiment d’argent» et «infraction au règlement de contrôle des changes», sur fond d’une plainte déposée contre lui par le ministère de l’Industrie pharmaceutique.
Ce dernier reproche à Vapropharm, filiale de Merinal, «d’avoir importé et vendu à perte un médicament», une charge que ses avocats ont tenté de déconstruire pour clamer l’innocence de leur client.
Selon Maghreb Emergent, l’affaire est liée à une «vente à perte» du produit pharmaceutique Imurel. Une affaire qui remonte à 2015 lorsque la pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) a émis un appel d’offres pour l’acquisition de médicaments d’immunodépresseurs.
L’offre de Vapropharm a ainsi été rejetée, en raison de son prix considéré comme étant moins compétitif que celui des autres soumissionnaires.
La société sœur de Merinal s’est ainsi vu proposer l’obtention de 50% du marché à condition que la société s’aligne sur le prix le plus bas. Son fournisseur, une société sud-africaine, a accepté de payer la différence pour s’aligner sur le prix exigé par la PCH.
Les virements provenant de l’Afrique du Sud vers l’Algérie pour compenser cette différence avoisinent ainsi 500.000 euros, consignés dans les relevés de l’entreprise, indique-t-on.
Le même cas s’est appliqué à deux médicaments, pour lesquels l’accusation de «vente à perte» n’a pas été retenue dans l’enquête préliminaire. Ce n’est toutefois pas le cas pour Imurel, malgré les justificatifs de Vapropharm, qui prouvent que la société ne vendait à perte.
L’arrestation et les poursuites engagées contre le patron de Merinal avaient suscité la réaction de l’UNOP. «Nous ne nous prononçons pas, à ce stade, sur les accusations dont il fait l’objet et que nous ignorons, dans une affaire par ailleurs couverte par le secret de l’instruction», avait souligné l’UNOP dans un communiqué.
«En revanche, nous pouvons attester que, dans le cadre des fonctions qu’il a assumées au sein de notre association, Nabil Mellah a toujours été un défenseur acharné du développement de la production pharmaceutique nationale», a estimé l’UNOP pour qui l’accusé a été au «cœur du combat qui a conduit, au cours des années 2007 et 2008, à l’interdiction d’importation de tout médicament fabriqué par une entreprise locale algérienne».