La 6e conférence internationale d’Alger sur «le droit des peuples à la résistance, le cas du peuple sahraoui», a débuté, hier à Alger, avec la participation d’une centaine de militants venus de 53 pays du monde.

Cet événement de deux jours, organisé par le Comité algérien de solidarité avec le peuple sahraoui et l’ambassade de la République sahraouie à Alger, se veut une tribune pour donner un nouvel et fort écho à la cause sahraouie.
À l’ouverture des travaux, le président de la Rasd et Secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a exprimé sa «satisfaction» de l’évolution qu’enregistre le dossier sahraoui sur la scène continentale et internationale.
M. Ghali a insisté sur la nécessité pour l’Union africaine (UA) d’être «ferme» avec le Maroc pour trouver une issue pacifique et juste à la question sahraouie. «Le Maroc après avoir ratifié l’acte constitutif de l’UA n’a plus d’alternative que de le respecter et de se retirer des territoires sahraouis occupés», a ajouté le leader sahraoui après avoir fait des rappels d’histoire sur son pays et depuis que la question de l’autodétermination du Sahara occidental est à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies. Il s’est félicité des verdicts «majeurs» de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), de décembre 2016 et de février 2018 dernier, qui considèrent le Sahara occidental territoire «séparé et distinct du Maroc». «Les décisions de la CJUE vont en conformité avec le droit international et les résolutions onusiennes et panafricaines, et on demande à ce qu’ils soient respectés et appliqués dans l’immédiat», a insisté le Secrétaire général du Polisario. Il a mis en garde le Maroc et des pays de l’UE de la tentation de se détourner de ces décisions «qui confirment la souveraineté du peuple sahraoui sur son territoire et ses richesses». La question sahraouie, a-t-il rappelé, est une question de «décolonisation». « L’Union européenne est devant une chance de corriger ses erreurs, car la situation actuelle entrave la stabilité et le développement dans la région et même la coopération entre les deux rives de la Méditerranée», a-t-il ajouté.
Brahim Ghali invite l’UE à adopter une position «claire sur le dossier sahraoui en conformité avec les efforts de l’Envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Köhler». «On appelle le colonisateur marocain à reprendre sans conditions préalables les négociations avec nous», s’adressant à Rabat. Dans ce contexte, il invite l’ONU à imposer au Maroc le «respecter la résolution 2351» qui impose aux deux parties de reprendre les négociations sans conditions préalables et à régler les questions induites par la violation de l’accord de cessez-le-feu et l’accord militaire n° 1 dans la région d’El Guerguerate. « Toutes ces décisions devraient être accompagnées de démarches concrètes pour mettre fin aux graves violations marocaines des droits de l’homme au Sahara occidental et de l’arrêt des massacres, de la répression, et du blocus », a affirmé le président sahraoui. Il a notamment dénoncé le fait «que la Minurso, mission onusienne pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination, soit sans contingent», et estimé qu’«il est irrationnel que l’ONU reste sans observateurs des droits de l’homme dans les territoires occupés», avant d’appeler à la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis détenus dans les prisons marocaines. Il est « inacceptable de voir les Nations unies qui sont les responsables directs de la zone de conflit au Sahara occidental absentes pour la protection et la surveillance des droits de l’homme », a-t-il dit à propos. Pour sa part, l’ambassadeur sahraoui à Alger, Abdelkader Taleb Omar a indiqué, hier, que le Front Polisario était optimiste quant à la capacité de l’envoyé onusien, Horst Kohler d’amener le Maroc à accepter les négociations directes avec le Front Polisario et écarter les positions qui entravent le règlement du conflit au Sahara occidental, notamment celles de la France et de l’Espagne.Prévue sur deux jours, la conférence réunit des délégations sahraouies en provenance des camps des réfugiés, des territoires sahraouis occupés et de l’étranger. La nouveauté de cette année, selon les organisateurs, est la participation remarquable du Monde arabe. Un nombre important de représentants de la société civile, des juristes, des hommes politiques en provenance d’Egypte, de Jordanie, Syrie, du Liban et probablement d’Arabie saoudite et du Koweït, est attendu à ces assises. Outre l’intervention du président de la Coordination européenne des comités de soutien au peuple sahraoui (EUCOCO), Pierre Galand, du représentant du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, Gian Franco Fattorini, et de l’avocat du Front Polisario, Gilles Devers, une communication de la militante sahraouie Aminatou Haider est prévue. Elle portera sur le thème «La résistance pacifique des Sahraouis dans les territoires occupés du Sahara occidental».
Enfin, faut-il le noter, cette conférence, qui intervient quelques semaines avant la réunion du Conseil de sécurité sur la question sahraouie, permettra de faire entendre la voix des Sahraouis, d’appeler l’ONU et le Conseil de sécurité à accélérer l’organisation du référendum d’autodétermination et de mettre fin au conflit qui persiste depuis des décennies au Sahara occidental.