L’Algérie s’apprête à vivre un défilé militaire de grande envergure à l’occasion de la célébration des 60 années de l’indépendance du pays, dont la teneur et la taille ne sont pas dénuées de messages à résonance politique dans un contexte régional géopolitiquement tendu.
Avant même le point d’orgue de cette célébration, annoncée pour la journée de mardi 5 juillet, marquant les 60 ans de l’Indépendance du pays, plusieurs actions marquent d’ores cette commémoration. Ce début juillet semble d’ores et déjà rythmé par cette célébration avec notamment un spectacle abrité vendredi par le stade 5-juillet, la mise en circulation d’une pièce commémorative de monnaie métallique de 200 DA, des colloques et des expositions en lien avec cette date charnière de l’histoire de l’Algérie. La pièce porte sur son avers un logo du 60e anniversaire de l’indépendance et l’armement symbolisant la modernité et le professionnalisme des différents corps de l’Armée nationale populaire, un avion de chasse, une rampe de missiles anti-aériens, un char et un navire de guerre. En effet, l’Armée nationale populaire (ANP) a informé, avant-hier, qu’elle organisera, mardi 5 juillet, un défilé militaire à l’occasion de la célébration du 60e anniversaire de l’Indépendance sous la supervision du président de la République, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, Abdelmadjid Tebboune.
Relevant que ce défilé «perpétue les traditions militaires ancrées de l’Armée nationale populaire», l’ANP a décliné l’itinéraire de son déroulement au niveau de la RN 11 jouxtant Djamaâ El Djazaïr, ajoutant que «le défilé sera retransmis en direct sur l’ensemble des chaînes de la Télévision algérienne», afin, semble-t-il, de lui donner plus d’échos.
A cet effet, un dispositif spécial de circulation dans la capitale a été mis en place, annonçant, selon la même source, la fermeture de certains axes routiers et la déviation de la circulation automobile sur d’autres du 1er au 6 juillet, ce qui a créé des désagréments durant la journée d’hier au niveau des grandes artères de la capitale.
Ce dispositif prévoit la fermeture de la rocade nord (RN 11) dans les deux sens, entre le point de jonction des rocades sud et nord (pont Cosider – Dar El-Beïda) et la station de dessalement d’El-Hamma (Belouizdad), ainsi que de tous les accès menant à ce tronçon sur 16 kilomètres, a informé la même source. Pour pallier la fermeture de cette route, le dispositif prévoit une déviation de la circulation sur l’axe routier vers Alger de l’autoroute Est-Ouest vers la rocade sud Dar El-Beïda-Ben Aknoun.
Les automobilistes se dirigeant vers Alger-centre à partir de l’Est de la capitale seront déviés vers la RN 5 via l’échangeur d’El-Harrach, puis la RN 8 menant vers Hussein Dey avant de rejoindre la rocade sud. Une déviation de la circulation est également prévue sur l’axe routier d’Alger-centre vers l’Est de la capitale et l’avenue de l’ALN via l’échangeur Aïssat-Idir menant vers la place du 1er-Mai.
Les automobilistes se dirigeant vers Alger-centre à travers la rocade sud, Ben Aknoun-Dar El-Beïda, devront emprunter l’échangeur menant à Hussein Dey et Bachdjerrah, vers le tunnel d’Oued Ouchayah.
Par ailleurs, la préparation de cette célébration est marquée par des demandes de clémence pour les détenus du mouvement populaire, des demandes émanant de partis politiques et exprimées également sur les réseaux sociaux.
Dans le même registre, l’Organisation non gouvernementale (ONG), Amnesty international, a appelé les autorités algériennes à «libérer immédiatement et sans condition au moins 266 militants et manifestants ayant pris part au mouvement de protestation du Hirak, critiqué les autorités, dénoncé la corruption d’Etat ou exprimé leur solidarité avec des personnes en détention…».
«Soixante ans après que l’Algérie a acquis son indépendance, des libertés fondamentales et droits humains continuent à être négligés, bafoués ou activement restreints», a déclaré Amna Guellali, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International. La libération des détenus politiques continue, par ailleurs, d’être demandée par des formations politiques de l’opposition qui ne cessent de réclamer des mesures d’apaisement et de rétablissement de la confiance.