L’absence d’un marché national des produits cinématographiques est l’une des contraintes qui entravent la diffusion du court-métrage et son appréciation par les cinéphiles à travers le pays, ont indiqué de jeunes réalisateurs à la clôture samedi soir des 4es Journées nationales du court métrage à Béchar.

Ces œuvres cinématographiques à petit budget financier, dont les systèmes de production sont aussi variés que la qualité de ce genre de films eux-mêmes et dont l’offre est en nette croissance à travers le pays, grâce à l’accessibilité des jeunes réalisateurs aux technologies de l’information et de la communication, restent dans la plupart des cas «sans un réel débouché commercial», ont-ils précisé à l’APS.
«Nos productions, dont nous finançons nous-mêmes une grande partie, ne trouvent pas preneurs ou diffuseurs, faute d’un véritable marché cinématographique dans le pays», signalent ces jeunes réalisateurs. «L’offre étant grandissante, étant nombreux à produire au moins une œuvre par an, nous ne trouvons pas les espaces nécessaires pour la diffusion de nos courts-métrages, que ce soit auprès des Chaînes de la télévision nationale que des Chaînes privées, et qui restent donc méconnus du grand public», a déploré Belgarai Mohamed, l’un des représentants de la wilaya d’Alger à cette manifestation.
«Les rencontres comme celle de Béchar doivent être aussi des espaces de sélection des jeunes talents et de leurs œuvres par ces médias, qui sont de puissants vulgarisateurs de nos œuvres et ce, grâce à leur audiences auprès des téléspectateurs nationaux et étrangers’’, a expliqué, pour sa part, Issam Taâchit, qui a remporté le 1er Prix de ces 4èmes Journées du court métrage de Béchar avec «Human» (Humain), qui, malgré plusieurs distinctions nationales et internationales, reste inconnu des téléspectateurs nationaux.
«Ceci nous entrave tant sur le plan de la promotion de nos produits que sur le plan financier», a-t-il ajouté.
«La création d’un marché du film annuellement est nécessaire et va certainement apporter un plus en matière d’accessibilité des potentiels acheteurs à des œuvres cinématographiques, dont le court-métrage à la recherche de diffusion», suggère, de son côté, Mohamed Zoubiri, qui a à son actif plusieurs travaux d’assistants-réalisateurs à des grands noms du cinéma national. Le but principal de ce marché du film est de donner une certaine visibilité aux productions des jeunes réalisateurs et autres créateurs de produits cinématographiques et d’entrevoir des débouchés commerciaux à ces produits artistiques conçus et réalisés par de jeunes talents de différentes régions du pays, a-t-il noté.
La participation de la cinémathèque nationale à la diffusion du court métrage des jeunes à travers son réseau de salles est l’autre proposition de ces réalisateurs pour assurer une meilleure diffusion de leurs œuvres, dont certaines ont remporté des prix nationaux et internationaux. Les quatrièmes journées nationales du court-métrage de Bechar, qui se sont déroulées du 29 novembre au 2 décembre, avec la participation de 29 œuvres en compétition, représentant 24 wilayas du pays, ont connu un franc succès et ont été un autre moyen de faire connaître diverses œuvres algériennes, ont fait savoir ces jeunes réalisateurs.