L’annonce faite devant la presse, mercredi dernier, par le président Abdelmadijd Tebboune, de sa volonté d’exploitation du gaz de schiste n’a pas été du goût des citoyens qui étaient des milliers à prendre part à la marche d’hier. « Halte à l’exploitation du gaz de schiste, la ruine du pays ! », s’est inquiété un marcheur sur une affiche. D’autres ont encore invoqué la mémoire de Amirouche, de Abane, de Ben Boulaïd et de tous les autres martyrs pour mettre le holà à ce qu’ils considèrent comme le bradage des richesses nationales et leur soumission à la voracité des puissances étrangères. Visiblement, la prestation du chef de l’Etat devant des responsables de certains médias n’a pas plu. Du coup, c’est l’ensemble de l’action du nouvel exécutif qui ne trouve pas grâce aux yeux des marcheurs, qui continuent à réclamer une rupture radicale avec le système ainsi que les anciennes méthodes de gouvernance, qui ont toujours cours, déplore la rue tizouzienne. Des appels à la levée de la mainmise du pouvoir sur les libertés publiques, notamment sur la presse et la justice, ont été également lancés. La poursuite de la répression des manifestants et la prolongation de la détention des détenus politiques et d’opinion ont été dénoncées avec vigueur par les manifestants qui ont manifesté leur solidarité et leur soutien à Karim Tabbou, Belarbi, Boumala et à tous les autres prisonniers, dont ils exigent la libération immédiate. Hier, vendredi 25 janvier, coïncidant avec le 56e anniversaire de sa naissance, Matoub Lounès a été célébré avec ferveur. Des dizaines de portraits à son effigie ont été brandis dans la marche en souvenir du combat, des engagements artistiques et politiques du rebelle assassiné le 25 juin 1998.