Le chargé de la communication de la Protection civile, Nassim Bernaoui, a révélé, hier, que quelque 46 feux de forêt ont abouti à la totale destruction de 300 hectares d’arbres, de buissons, de récoltes et de couvert végétal divers.

Dans une déclaration à la Radio nationale Chaîne I, il poursuivra que l’intervention rapide et énergique de la Protection civile a permis de circoncire la plupart des incendies et départs de feu, sauf 15 qui subsistent encore dans les wilayas de Tizi Ouzou, Sétif, Boumerdès, Aïn Defla et Tiaret.
L’été relativement doux, enregistré cette année jusqu’au 24 juillet, n’a finalement été qu’un leurre, puisque la nature a repris ses droits et obligé le thermomètre à prendre de la hauteur. Le mercure a, en effet, dépassé les 40° dans plusieurs villes du pays avec sa cohorte d’ennuis de santé pour les plus âgés et surtout par les déclenchements de moult feux de forêt dont on croyait être débarrassés pour cette saison chaude.
Malheureusement, les feux de forêt ne prennent pas de congé et ont presque «conquis» la capitale avec plus de 27 incendies recensés depuis le début du mois de juin. Ces 27 foyers, et grâce à l’intervention rapide des agents de la Direction des forêts, n’ont pas occasionné beaucoup de dégâts car la superficie touchée n’a pas été très importante, ne dépassant pas 2 ha et 68 ares.
La wilaya d’Alger qui a anticipé les feux de forêt a mobilisé 54 agents d’intervention de la Protection civile avec la mise en place de 5 tours de surveillance au niveau des forêts du 19-Juin, de Baïnem, de Ben Aknoun, du ravin de la Femme sauvage et de Megtaa Kheira.
Par contre, la wilaya de Tiaret a eu moins de chance car l’incendie qui s’est déclaré dans la forêt du Plateau s’est propagé à cause des vents et de la chaleur. La forêt du Plateau est l’une des plus importantes de la wilaya de Tiaret, connue pour sa dense végétation constituée de pins d’Alep. L’incendie a endommagé une grande superficie de pinèdes et causé la perte de nombreux oiseaux et animaux. Sur place, l’enquête déclenchée privilégie un incendie volontaire. Face à la férocité de l’incendie, avec plusieurs foyers, la Protection civile a été mobilisée de même que les subdivisions de la Conservation des forêts, plusieurs unités secondaires de la Protection civile, des éléments de l’Armée nationale populaire, de la Direction des travaux publics, de l’Office national d’assainissement et de divers corps de sécurité. Sétif non plus n’a pas été épargnée puisque pas moins de 100 hectares de forêt et de vergers arboricoles ont été ravagés par un incendie déclaré dimanche dans la localité d’Agmoune, dans la commune de Bousselam au nord de la wilaya. Le sinistre s’est ensuite étendu à la région de Beni Djemati dans la commune de Beni Chebana. Le feu, qui continue son action destructrice, a nécessité l’intervention de 120 sapeurs-pompiers, 15 camions anti-incendie des unités de Bouândass, Beni Ourtilène et Bougaâ, appuyés par les colonnes mobiles de Sétif et de Bordj Bou-Arréridj, ainsi que les services de la Conservation des forêts et de plusieurs communes, en plus de trois hélicoptères de la Direction générale de la Protection civile. La férocité des flammes a même provoqué des mouvements de panique des habitants alantours.
Wilayas limitrophes sinistrées
Wilaya limitrophe de Sétif, Béjaïa a eu aussi son lot de forêts brûlées, avec 200 hectares de végétation, toutes essences confondues, réduits en cendres ces dernières 24 heures dans l’ancienne Bgayeth. Une trentaine de départs de feu ont été signalés dont cinq particulièrement importants à cause des dégâts infligés au couvert végétal, et surtout des menaces encourues par des habitations proches.
Les sinistres les plus importants ont été localisés dans la région d’Imaarathene, dans le massif forestier de Barbacha, à 65 km au sud-est de Béjaïa, qui et venu à bout au-delà des essences forestières, de plusieurs vergers agricoles dont des oliviers et figuiers (20 ha) et des ruches d’abeilles, et la région d’Adekar, notamment sur le massif de l’Akfadou, où le feu, qui se poursuit, a déjà ravagé 70 hectares. En tout, ce sont plus de 1 000 hectares de végétation contre 723 hectares en 2019 à la même période, à Béjaïa.
Tizi Ouzou de son côté a vu 80 hectares de couvert végétal partir en fumée dans 41 incendies durant la seule journée de dimanche dans la wilaya. Néanmoins, les moyens d’intervention de la Protection civile et de la Conservation des forêts ont permis d’éteindre 39 incendies.
Bouira n’est pas moins lotie avec ses vingt hectares de couvert végétal et 740 arbres fruitiers qui ont été ravagés par les flammes ces dernières 24 heures. Trois incendies à Haizer, Guerrouma et Bouderbala ont eu raison de broussailles, maquis et arbres fruitiers. Ces innombrables feux de forêt aux quatre coins de l’Algérie relèvent d’une «normalité» de saison où plusieurs centaines, voire des milliers, d’hectares partent en fumée. Ce qui l’est moins, c’est la multiplication des incendies provoqués, volontaires, derrière lesquels se trouve un acte criminel humain. Outre les pyromanes qui relèvent d’une morbide pathologie, il y a surtout des actes «financiers» accomplis par des autochtones attirés par l’appât d’un gain rapide qui consiste à brûler des dizaines d’hectares de forêt pour récolter quelques dizaines de kilos de charbon de bois. Au final, ce sont des forêts séculaires qui disparaissent à vue d’œil, comme celles de Collo où le liège régnait en maître. Et les exemples sont malheureusement légion. <