Par Feriel Nourine
Les recettes réalisées par les exportations algériennes hors hydrocarbures, durant les premiers mois de l’année en cours, sont en train d’ouvrir la voie à des scénarios optimistes chez les acteurs, impliqués dans l’amélioration des résultats du commerce extérieur du pays. Ces derniers sont aujourd’hui nombreux à prévoir une forte embellie en la matière. Ils n’hésitent plus à affirmer que l’objectif de 4 à 5 milliards de dollars hors recettes pétrolières et gazières que se sont fixé les plus hautes autorités du pays pour 2021 est désormais réalisable.
Cette fois, c’est au tour du Directeur général par intérim de l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex), Abdelatif El Houari, d’inscrire son discours dans cet esprit optimiste, insufflé par la progression notable des exportations hors hydrocarbures qui a marqué l’entame de la présente année, précisément les 4 premiers mois, qui ont vu l’Algérie encaisser 1,41 milliard de dollars sur ce registre, contre 600 millions de dollars durant la même période de 2020. Cette augmentation équivaut à un taux de de 64 %, a-t-il précisé, soulignant que la tendance haussière des exportations hors hydrocarbures a été observée durant tout le premier trimestre 2021 avec un montant global de 870 millions de dollars. «Si nous continuons au rythme actuel des opérations d’exportations réalisées hors secteur pétrolier, le pays pourra atteindre l’objectif fixé par les hautes autorités de réaliser un montant de 4 à 5 milliards de dollars d’ici fin 2021», a souligné M. El Houari, lors d’une journée d’information organisée par Algex sur les perspectives d’export post-Brexit vers le Royaume-Uni.
En ce sens, il a soutenu que les mesures prises par les pouvoirs publics en vue de promouvoir les exportations vont contribuer à l’amélioration des recettes extérieures du pays, citant notamment la récente décision d’autoriser l’exportation des pâtes alimentaires. A ce propos, le même responsable a fait état d’une première opération d’exportation d’une quantité de 110 tonnes de pâtes alimentaires vers la France devant être effectuée aujourd’hui par un opérateur privé depuis la wilaya de Blida, a-t-il fait savoir.
Concernant la journée d’hier, M. El Houari a indiqué que le marché britannique, notamment après le Brexit, a «ses propres spécificités» et que «l’Algérie devra diversifier ses partenaires». «Nous avons axé nos efforts sur les marchés arabes et africains, mais cela n’empêche pas d’aller vers de nouveaux marchés particulièrement ceux des continents européens ou américains», a-t-il plaidé, insistant sur l’intérêt pour l’Algérie de saisir les opportunités offertes par le Royaume-Uni à travers le Conseil d’affaires algéro-britannique. Il a ainsi soutenu que les principales opportunités d’exportation vers le Royaume-Uni concernent les secteurs de l’agroalimentaire et de l’agriculture. Parmi les participants à cette rencontre, des exportateurs et consultants algériens en commerce international ont plaidé en faveur de la ratification d’un accord de libre-échange entre l’Algérie et le Royaume-Uni en vue de hisser les échanges commerciaux en bénéficiant d’une taxation minime sur les produits. Toufik Hadkeheil, exportateur de fruits et légumes, notamment vers la France et le Moyen-Orient, a mis en avant les opportunités existantes au sein du marché britannique en soutenant que «le Royaume-Uni importe pratiquement tout ce qu’il consomme». Il citera les besoins de ce pays dans le domaine de l’alimentation, notamment la consommation de la pomme de terre que l’Algérie est en mesure de produire et de lui exporter tout au long de l’année. Mais pour se faire une place sur ce marché, l’intervenant a cité des exigences qu’il faudra remplir, comme le respect de la qualité et des conditions d’emballages des produits, ainsi que la mise en place de lignes directes de transport vers le Royaume-Uni dotées de conteneurs réfrigérés. «Nous devons disposer d’une ligne directe pour réduire les coûts de transport et éviter de transiter par d’autres ports européens», a-t-il recommandé.
Intervenant via visio-conférence depuis la Grande-Bretagne, Abderrezzak Osmani, cofondateur du Conseil d’affaire algéro-britannique (UKABC), a abondé dans le même esprit, faisant savoir que le Royaume-Uni a importé près de 600 milliards de dollars en 2019 de différents produits. «Il existe une forte demande à satisfaire, mais pour cela il faut qu’il y ait des infrastructures sur place pour pouvoir exporter vers le Royaume-Uni», a-t-il souligné, appelant à ce que les institutions et les opérateurs économiques puissent s’organiser dans divers domaines pour s’introduire sur le marché britannique. Lequel exprime également de nouveaux besoins surtout depuis le Brexit, d’où la conclusion des nouveaux accords commerciaux notamment avec l’Australie, a ajouté M. Osmani.
Pour sa part, le représentant de l’UKABC en Algérie, Moncef Zemmouchi, a rappelé que «le Conseil d’affaires algéro-britannique avait organisé des missions économiques avec des interlocuteurs prêts à négocier des partenariats ou des marchés», assurant que «dès que les conditions sanitaires le permettront, nous comptons relancer les missions économiques vers le Royaume-Uni, et ce, à la demande des opérateurs britanniques». <