Le Théâtre national algérien, l’une des institutions culturelles les plus actives sur les réseaux sociaux et sur son site internet, dans un contexte de confinement pour éviter la propagation du Covid-19, et afin de maintenir le lien avec les amateurs du quatrième art, a poursuivi, samedi dernier pour la troisième journée consécutive, le «Forum du TNA» dont le troisième forum a été animé par Abdelhalim Bouchraki, enseignant à la Faculté des arts et de la culture à l’université de Constantine, qui a intervenu sur la critique théâtrale et son rôle dans de développement du quatrième art en Algérie et dans le monde arabe.
Abdelhalim Bouchraki souligne d’emblée, dans son intervention, que le mouvement critique est «orienté vers le développement de méthodes de lecture et la modernisation des méthodes d’analyse en ligne avec ce qui est produit par la perpétuation des productions théâtrales à tous les niveaux et leurs structures. Ceci a commencé par l’écriture dramatique en passant par le jeu d’acteur, la scénographie, la chorégraphie, la mise en scène … jusqu’à recevoir des scènes et la multiplicité de ses lectures en concevant une carte de créativité compatible et l’environnement général dans lequel les interactions politiques, sociales et culturelles». L’intervenant illustrera ses propos en donnant l’exemple sur la pièce «GPS» produite par le Théâtre national algérien, écrite et réalisée par Mohamed Charchal, qu’il décrit comme «audacieuse», et «qui a incité de nombreux critiques ou journalistes à écrire sur cette pièce». Il ajoutera dans ce sillage que «cette forme de créativité doit être suivie». Notons que la pièce «GPS» est diffusée sur la chaîne Youtube du TNA dans le cadre des spectacles mis en ligne par cette institution
L’enseignant parlera également «des instruments de critique du théâtre face à la terrible accélération des méthodes d’écriture et de mise en scène contemporaines, et aussi à la satisfaction du destinataire simplement en lisant la «vision esthétique» des offres qui lui sont présentées». Il affirme dans un autre contexte que «nous sommes allés dans cette approche au-delà de la critique, la critique en tant qu’outil de lecture similaire à l’alchimie. Nous proposons un niveau de critique plus nouveau et moderne, qui est la critique culturelle, qui lui permet d’établir une prise de conscience théorique dans la critique du discours culturel et de la coordination mentale, en particulier ceux associés aux transformations».
Quant aux méthodes des critiques arabes de théâtre, l’intervenant avoue qu’«elles sont, malgré tout, soumises aux dernières théories critiques, et c’est ce que j’ai présenté pour ce forum. La critique culturelle comme moyen idéal pour comprendre mentalement et esthétiquement les mécanismes intellectuels de la créativité théâtrale».
De son côté, intervenant dans le cadre du débat virtuel initié par la page Facebook «Forum du TNA», le metteur en scène Mohamed Charchal confie que «la critique dans notre pays est le chaînon manquant dans le domaine du quatrième art, mais cela ne renie pas l’existence de quelques études critiques respectables qui ne sont que des initiatives individuelles en l’absence d’une politique globale, comme c’est le cas de la mise en scène de théâtre et qui vit le même problème». Ajoutant que «la mise en scène est aussi un chaînon manquant et ce qui se passe dans notre théâtre n’est rien d’autre que des mouvements sur la scène, sans nier les tentatives individuelles de quelques metteurs en scène».
Mohamed Charchal estime ainsi que «ce qui nous manque, nous, en tant que metteurs en scène, c’est une véritable critique constructive. La critique de la plupart de ceux qui sont affiliés à cette spécialité est devenue insultante, méprisante et cherchant seulement à briser le spectacle. Souvent ce sont justes des lectures superficielles et impressionnistes».
Le critique Houcine Kinani, précisera de son côté que «la critique théâtrale est une nécessité importante pour le développement du mouvement théâtral, mais plutôt son évaluation. Cet élément important et efficace de la vie théâtrale est absent en Algérie, non seulement en termes d’écrits de presse, mais même son absence était perceptible lors des activités des festivals que j’ai suivis. L’absence du critique théâtral était perceptible et je ne sais pas si son absence est intentionnelle de la part des critiques ou des organisateurs des festivals».
D’autre part, le critique poursuit son commentaire en insistant sur le fait que «la critique scientifique et méthodologique est absente, l’analyse correcte de la présentation théâtrale et le débat artistique élevé sont absents. Ce qui est pire, c’est l’une des raisons du désengagement des critiques du mouvement théâtral est un autre aspect important, qui est la propagation du phénomène des compliments flatteurs sans fondements académiques». Il poursuivra qu’«entre les pièces de théâtre et la propagation du phénomène d’hypocrisie artistique, dans la mesure où si vous dites une opinion innocente dans un spectacle théâtral qui ne correspond pas aux opinions de certains, vous deviendrez un ennemi pour eux. D’autre part, la critique ne se limite pas à publier les négatifs du spectacle, mais se concentre sur ses points positifs et ses points de créativité. Mais toutefois, nous devons différencier les éloges de la présentation artistique».