Le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Abdelwahid Temmar, a présidé hier une réunion d’évaluation avec les entreprises chargées de la construction de logements AADL, principalement afin de déterminer les causes des retards accusés dans la réalisation de certains projets au niveau de vingt wilayas, où les retards, selon lui, sont dans « le rouge ».

Selon le ministre de l’Habitat, le nombre de logements AADL en retard, donc non livrables, est de 38 450, dont 13 600 logements réalisés par les entreprises nationales, et 24 850 par des entreprises étrangères. « J’ai observé que le taux de réalisation physique est inférieur au taux financier, c’est-à-dire les fonds dédiés pour leur finalisation, ce qui n’est pas normal », a-t-il déploré. Pour les seuls logements sociaux dans la région d’Alger, le nombre de logements qui accusent des retards de réalisation est de 10 832. Pour le seul LPP, ce sont 286 logements en retard, en cours de construction par deux entreprises algériennes. Dans ce contexte, le ministre a appelé les entreprises réalisatrices à lui fournir au plus vite leurs programmes et surtout des solutions afin de sortir « du rouge » et prendre les mesures nécessaires en déterminant les causes des retards. Selon M. Temmar, son secteur a réalisé jusque-là 3,6 millions de logements, depuis 1999, et 996 000 logements sont au menu de 2017 à 2019. «Malgré les difficultés financières que connaît le pays, le secteur de l’habitat a pris en charge le financement de ces projets pour subvenir aux besoins de la population en la matière », a-t-il dit. Et d’annoncer dans la foulée que «pour la première fois, nous avons réalisé des statistiques des entreprises de production locales pour avoir une idée précise de la quantité de leur production. Nous allons tenir une autre réunion avec ces derniers lundi, mardi et mercredi. Ces entreprises doivent nous exposer leurs produits, nous allons ensemble trouver des solutions pour éviter tout problème », enchaîne-t-il. Poursuivant que le secteur de l’habitat « a décidé de modifier son cahier des charges afin de stopper l’importation des matériaux et n’utiliser que les produits nationaux ». Et d’appeler les entreprises de réalisation à « assumer leurs responsabilités devant tout retard». « Je vous donne une dernière chance. Je ne souhaite aucune résiliation mais si je suis dans l’obligation d’appliquer la loi, je le ferai », tranche-t-il. Le ministre a voulu sensibiliser les entrepreneurs car, selon lui, « ce programme a été tracé par le président de la République, nous devons le respecter, nous devons livrer 1 600 000 logements dans les délais ; alors il faudra mettre le paquet ».