Une stèle en hommage à Ali-André Mecili, ancien avocat et militant du Front des forces socialistes (FFS), assassiné le 7 avril 1987 à Paris, a été inaugurée, hier, au siège national du parti à Alger.

Par Sihem Bounabi
Lors de la cérémonie d’inauguration qui s’est déroulée en présence des membres de la direction du FFS et des militants, le membre de l’instance présidentielle du parti, Hakim Belacel, a déclaré : «Par cet acte symbolique, nous escomptons honorer sa mémoire et lui rendre un hommage sincère et solennel.» Il a rappelé aux présents que «le FFS a perdu suite à cette tragique disparition, il y a 34 ans, un fidèle compagnon du regretté président du parti, Hocine Aït Ahmed, et un repère politique et pédagogique irremplaçable». «L’Algérie, quant à elle, a été délestée d’un monument humain, dévoué et capable de faire adhérer le peuple algérien à un combat pacifique pour imposer un changement radical du système», a-t-il ajouté.
Lors de cet hommage, Hakim Belacel a déploré que «34 longues années n’ont pas réussi à enterrer à jamais un crime crapuleux, hélas, toujours impuni. Il porte la signature maculée du sang d’une raison d’Etat entre Alger et Paris».
Pour sa part, Youcef Aouchiche, secrétaire national du parti, a lu une lettre adressée par Annie Mecili, veuve de Ali Mecili, avocate et membre du FFS, dans laquelle elle déclare qu’«Ali Mecili est toujours vivant et ses idéaux aussi. La stèle que vous inaugurez aujourd’hui au siège national du FFS le rendra encore plus présent à vos côtés». La veuve du militant assassiné a tenu également à remercier la section FFS d’Aït Rezine de Béjaïa qui a eu l’initiative du buste d’André-Ali Mecili. Trente-quatre ans après cet assassinat, elle réclame que justice soit faite et déclare que «grâce au combat que nous avons mené tous ensemble, en France et en Algérie, pour qu’éclate la vérité et que justice lui soit rendue, Ali est toujours vivant et ses idéaux aussi». Concluant que «c’est un immense privilège de militer au sein d’un parti qui a compté en son sein deux hommes d’exception, tels que Hocine Aït Ahmed et Ali Mecili. Deux hommes rares qui montrent le chemin à suivre. C’est un devoir pour chaque militant de ne pas gaspiller leur héritage, un devoir d’écouter encore et toujours leurs paroles dont la valeur est universelle».
André-Ali Mecili est né en 1940. Il était un des plus proches collaborateurs du défunt Hocine Aït Ahmed et membre fondateur du FFS. Responsable des services de renseignement de l’ALN peu avant l’indépendance de l’Algérie, il a été arrêté en compagnie d’Aït Ahmed après la crise de 1963 et sera emprisonné à la prison d’Oran qu’il quitte au lendemain du coup d’Etat de Boumediène, en 1965. Exilé en France, Mecili, tout en ayant une brillante carrière d’avocat, organise l’opposition algérienne à l’étranger et à promouvoir les droits de l’Homme. En 1985, il relève le défi de réconcilier Hocine Aït Ahmed et Ahmed Ben Bella. Deux ans plus tard, il sera assassiné au pied de son immeuble à Paris par le présumé Abdelmalek Amellou. De son vivant Hocine Aït Ahmed accuse le pouvoir algérien en place d’avoir ordonné cet assassinat afin d’affaiblir les forces d’opposition.
André-Ali Mecili avait déclaré dans les années 80 : «L’apprentissage de la démocratie ne peut se faire aujourd’hui que dans le respect d’un pluralisme réel où chaque mouvement, chaque personnalité, chaque Algérien aura le droit de défendre ses propres conceptions idéologiques pourvu qu’il ne remette pas en cause les règles du jeu démocratique.» n