Par Rédaction Culturelle
Dans le cadre de la commémoration du 31e anniversaire de la disparition du chercheur, écrivain, linguiste et anthropologue, Mouloud Mammeri, à la Maison de culture de la wilaya de Tizi Ouzou, l’apport indéniable de Mouloud Mammeri à l’«algérianisation» des recherches anthropologique en Algérie a été mis en relief, mardi dernier, par le professeur en archéologie et directeur du Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Afrique (Crespiaf), Slimane Hachi, qui a affirmé que «Mouloud Mammeri est le fondateur de l’anthropologie algérienne», rapporte l’APS
Le spécialiste, qui a animé à la bibliothèque Amar-Ousaid-Boulifa de la Maison de la culture de Tizi Ouzou une conférence-débat sous le thème «Mouloud Mammeri au service de la recherche à travers la gestion du Centre de recherche anthropologique, préhistorique et ethnographique d’Alger (ex-Crape)», a souligné l’apport du chercheur à la préservation de l’héritage culturel algérien, en estimant que Mammeri a fondé l’anthropologie algérienne avec ses travaux à Timimoun. Ainsi, par le travail de recherche qu’il a effectué sur le Gourara (pratiques agricoles, poésies, rituels fêtes) et dont le fameux Ahelil de Gourara, classé patrimoine culturel immatériel de l’humanité, «Mammeri a mis en place une méthodologie de travail exportable et extensible à tous les groupes et pays», a-t-il relevé.
En outre le Pr. Hachi a relevé que Mouloud Mammeri a eu le mérite d’avoir «algérianisé» l’ex-Crape dont il était le directeur en succession à Gabriel Camps, et ce en recrutant à partir du milieu des années 1970 et jusqu’en 1980, des jeunes Algériens diplômés en sciences humaines (toutes disciplines confondues) qu’il a envoyés en formation et perfectionnement à l’étranger.
Il est à noter que cette conférence a été organisée par la direction locale de la culture dans le cadre de la commémoration du 31e anniversaire de la disparition de Mouloud Mammeri, en «reconnaissance à son parcours et de l’apport de son œuvre monumentale dans la connaissance de notre histoire et la reconstitution de notre mémoire collective», a indiqué la directrice de la culture, Nabila Goumeziane dans son allocution d’ouverture.
Cette commémoration a été marquée par la présence de lycéens d’El Khansa est une occasion pour «passer en revue son œuvre qui mériterait d’être mieux connue par le grand public et à l’intérieur du système éducatif et de l’enseignement, en faisant apprendre à nos enfants cette contribution majeure, à la culture algérienne et universelle que sont les romans, les essais et les poèmes qu’il a collectés», a-t-elle ajouté.
Cette activité qui entre dans le cadre de la Première journée patrimoniale initiée par cette même direction de la culture, a été marquée par le lancement du programme culturel de la commémoration du 31e anniversaire de la disparition de Mouloud Mammeri qui s’étalera jusqu’au 28 de ce mois où sera organisé un recueillement sur la tombe du défunt anthropologue, enterré dans son village natal Taourirt Mimoune dans la commune de Beni Yenni.