A l’arrêt depuis deux mois, le secteur du tourisme, à l’image de plusieurs autres activités, n’a pas été épargné par la pandémie du Covid-19. Devant cette situation, le Syndicat national des agences de tourisme et de voyages (Snav) a appelé à l’adoption d’un plan national de sauvetage du secteur, et ce, à travers l’application d’exonérations fiscales et bancaires et la création d’un fonds de garantie pour aider les agences impactées par la crise sanitaire. Le secrétaire général du Snav, Liès Snouci, a révélé à l’agence de presse nationale, que ce plan comprend huit principales propositions issues de larges consultations engagées avec les différents opérateurs de ce domaine sur les réseaux sociaux. Soulignant, par ailleurs, que ledit plan vise à «sortir de cette situation critique avec un minimum de pertes et à se préparer pour l’après pandémie Covid-19» et «a été transmis à toutes les autorités et instances concernées, dont la cellule de crise installée au Premier ministère ainsi que le ministère du Tourisme et celui des Transports», a précisé le secrétaire général du Snav. De plus, ce même responsable propose, dans le cadre de ce plan, «l’exonération totale des agences des impôts pendant l’année en cours, mais également de toutes charges sociales (cotisations sociales) en raison de l’arrêt total de l’activité». Pas seulement, «puisqu’il s’agit également de trouver une formule pour octroyer des compensations financières directes aux agences afin de leur permettre de payer les salaires du personnel et préserver ainsi les emplois dans ce secteur», a-t-il suggéré. Sur ce dernier point, il a rapporté que «les agences ont payé les salaires de leurs employés au premier mois de la crise, mais elles seront dans l’incapacité de continuer pour les mois suivants, ce qui pourrait entraîner des licenciements et l’augmentation du taux de chômage». Toujours à propos dudit plan, il a souligné qu’il prévoit également des aides financières aux agences éprouvant des difficultés à continuer de payer le loyer des locaux de leurs activités, ainsi que l’ajournement du paiement des échéances bancaires pour les opérateurs ayant recouru à l’emprunt, avec l’annulation des taxes résultant de l’ajournement. Le Syndicat appelle, en outre, à «l’accélération de la création d’un fonds de garantie pouvant accompagner les agences en période de crise et de grève (grève du personnel des compagnies aériennes, des aéroports ou des contrôleurs aériens…). Comme le secrétaire général fait remarquer, à propos des perturbations inopinées et répétées dans son secteur, «celles-ci ont conduit à l’annulation des réservations et au remboursement des clients, ce qui a causé des pertes financières considérables aux agences», a signalé Lies Senouci.
Au chapitre des assurances, le Snav propose de les élargir à l’assurance voyage au lieu de se contenter de l’assurance santé et l’assurance bagages. Le secrétaire général a aussi fait part que les mesures de prévention et de confinement ont causé l’arrêt total de l’activité de plus de 3 000 agences de tourisme et de voyage exerçant en Algérie qui emploient quelque 30 000 personnes, sans compter un grand nombre de postes de travail indirects et directs. Le responsable syndical a relevé que le chiffre d’affaires du secteur avait connu «un recul considérable» durant les deux dernières années, dû à plusieurs facteurs dont le manque de liquidité, la hausse des prix des produits de base, l’instabilité politique et la distribution de logements, toutes formules confondues, ce qui a amené les clients à faire des économies et à sacrifier les dépenses de luxe. Le syndicaliste a également ajouté : «La pandémie de Covid-19 est la goutte qui a fait déborder le vase, car elle a causé l’arrêt à 100 % de l’activité du secteur.» Pour lui, cette situation de paralysie devrait se poursuivre pour une longue période, d’autant que «la relance du tourisme est impossible en 2020, eu égard particulièrement à l’impact psychologique sur le client qui hésitera beaucoup avant de penser à voyager, en raison des effets de la pandémie».
Le secrétaire général a enfin mis l’accent sur l’impératif, face à la récession des activités du secteur du tourisme international, à cause de la pandémie, d’exploiter cette situation de récession «pour développer le tourisme interne qui est impacté à moindre degré». n