L’information qui a circulé ces derniers jours sur l’interdiction d’entrée sur le territoire national d’une cargaison de 33 000 tonnes de blé dur, en provenance du Canada et prévue à être débarquée au port d’Annaba, vient d’être consolidée. En effet, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) vient de la confirmer dans un communiqué publié sur sa page facebook, hier mercredi 9 juin 2021.

Par Bouzid Chalabi
Il est précisé que la décision de ne pas réceptionner le tonnage de blé dur a été prise, le 24 mai dernier, après que des agents du contrôle phytosanitaire relevant de l’OACI ont décelé des signes d’avarie sur ladite cargaison. Et pour le moins prouvé après analyses physicochimique opérées au niveau du laboratoire de l’Institut national pour la protection des végétaux (INPV) El Harrach. On lit, également, qu’au terme de l’analyse, il a été conclu que l’avarie est due à l’inondation d’une partie de la cargaison au cours des 45 jours de traversée du bateau, qui a provoqué l’émission de mauvaise odeur qui ont vite attiré l’attention des autorités portuaires d’Annaba. « Par voie de conséquence, il a été procédé à la saisie du navire jusqu’à la date du retour de la cargaison à son expéditeur comme l’exige la réglementation dans de telle situation », précise cette même source.
L’OAIC rappelle enfin que de novembre 2020 à ce jour, sur les 184 vraquiers chargés soit de blé tendre, dur ou d’orge, réceptionnés dans différents ports algériens, seuls deux navires ont fait l’objet d’une décision de refoulement pour cause d’avaries dans leur cargaison. Un refus de débarquement qui, faut-il le rappeler, avait fait couler beaucoup d’encre. Pour rappel, en l’espace d’un mois (novembre/décembre 2020) deux cargaisons de 30 000 tonnes de blé tendre chacune en provenance, l’une de Lituanie et l’autre d’Estonie, arrivées successivement au port d’Alger (28 novembre 2020) et celui de Ghazaouet (fin décembre), avaient fait montre de signes d’avaries avancées dans leur cargaison. Il n’en fallait pas plus pour donner libre cours à toutes sortes de rumeurs. Des plus concordantes aux plus folles. Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhamid Hemdeni, s’était prononcé à l’époque sur ces deux affaires lors d’un point de presse, et où il avait révélé que certaines spécificités du cahier des charges n’ont pas été respectées » (par le fournisseur lituanien, ndlr). Tout en informant que les mesures nécessaires sont engagées concernant cette affaire et qu’il ne pouvait pas s’exprimer à ce sujet tant que ces mesures sont en cours. Mais, toujours est-il, que lors d’un Conseil des ministres tenu à cette période où les deux affaires faisaient l’actualité, les ministres concernés avaient été instruits de faire toute la lumière sur les deux affaires. Faut-il rappeler enfin que le Directeur général de l’OAIC de l’époque a été le premier à en subir les conséquences par son limogeage, car il s’agit bien là d’opérations commerciales qu’il a pilotées d’amont en aval. Devenant ainsi le premier mis en cause suivi par les fournisseurs. Ce faisant, il restait à démontrer si l’avarie est perpétrée lors de la traversée ou était présente bien avant l’embarquement sur les navires vraquiers. Depuis, aucune conclusion n’a été rendue publique ouvrant droit à toute sorte de supputation.