Le dialogue entre le ministère de l’Education nationale et les syndicats autonomes se poursuit.

Mardi, c’était autour du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) de se réunir avec les représentants de la ministre, Nouria Benghebrit, au siège de son département. Une rencontre qui s’est poursuivie jusqu’à une heure tardive de la soirée et dont les résultats n’ont pas été décevants comme c’était le cas lors de la première réunion tenue avec le syndicat Unpef. « Nous avons senti une volonté d’aller vers l’apaisement et l’instauration du dialogue continu dans la relation. Il y avait un climat apaisant où nous avons discuté à bâtons rompus et en toute franchise », nous a déclaré Boualem Amoura. Le secrétaire général du Satef, joint hier par nos soins, ne s’est pas montré pessimiste comme son collègue de l’Unpef, Sadek Dziri, reçu en début de semaine. Il explique que les représentants de la ministre (l’inspecteur général du ministère, le DRH et le chargé du dossier des partenaires sociaux) « se sont engagés à prendre en charge quelques points de la plateforme de revendications, relatifs au volet pédagogique ». D’où pour le Satef, l’impossibilité de déclarer dès à présent que la grève du 21 janvier est maintenue. L’intersyndicale autonome de l’éducation composée des syndicats Unpef, Cnapeste, Satef, Snapeste, SNTE et Cla, devra se réunir le 20 janvier, c’est-à-dire à la veille de la grève, pour faire le bilan des réunions et décider de la démarche à suivre. « Nous attendons que les engagements pris soient portés dans un PV officiel et si c’est le cas, je pense que nous pourrons envisager de surseoir à la grève et défendre cette option lors de la réunion de dimanche prochain», soutient le syndicaliste. Ce dernier, détaillant les points sur lesquels les responsables de la tutelle se sont montrés flexibles, cite la réforme des programmes pour laquelle une proposition de tenir des séminaires avec la participation des partenaires sociaux, de l’inspection générale des programmes et du Conseil national des programmes, a été faite. Il y a aussi, la révision des incohérences contenues dans le statut particulier des travailleurs du secteur, dont la mouture de la commission mixte a été remise à la ministre. Ce qui retarde l’ouverture du dossier, c’est l’application du décret 266-14 annoncée en avril 2018, relatif à la valorisation des diplômes de DEA et de licence pour les enseignants du primaire. Ces deux points s’ajoutent en outre aux revendications qui tournent autour du congé de maladie et des week-ends, lesquelles «ne devront subir aucune révision», d’après les assurances des représentants de Nouria Benghebrit qui ont démenti l’existence de circulaires sur le sujet. Bien qu’optimiste, Boualem Amoura ne veut pas se montrer naïf au point de croire à toutes les promesses. «Maintenant, c’est le wait and see ! Au ministère de tutelle de prouver qu’il veut réinstaurer le dialogue et la concertation, et le recours aux PV officiels. Nous allons peut-être penser à proposer de surseoir à la grève», dit-il. Mais, ce n’est pas gagné pour Benghebrit. La bataille est encore longue puisqu’il reste quatre syndicats à recevoir : le SNTE et le Snapeste qui devront se rendre au ministère aujourd’hui, le Cla et enfin le Cnapeste considéré comme le plus radical des membres de l’Intersyndicale. Il ne faut pas oublier aussi la déception de l’Unpef dont le président Sadek Dziri avait estimé que « la réunion avec la tutelle n’a apporté aucune solution». C’est pourquoi, la «mi-satisfaction» du Satef ne peut être un paramètre permettant de clamer la victoire de la ministre. En attendant l’issue des réunions avec les autres syndicats, Mme Benghebrit tente de modérer son discours après les déclarations considérées par les syndicats d’incendiaires comme «on veut faire pression sur l’Etat» ou encore «l’ère de la satisfaction directe des revendications est révolue».