Big Data, Cloud, services en ligne, intelligence artificielle, la révolution numérique est partout. Aucun secteur n’est épargné. S’exprimant lors du 2e Forum algéro-français du numérique, tenu hier à l’hôtel El Aurassi à Alger, en présence d’un panel d’experts, Fazil Bouaiach, directeur des Affaires gouvernementales à Djezzy, annonce que dans 10 ans (2015-2026), 10 000 milliards de dollars de la digitalisation de cinq industries clés (e-commerce, automobile, logistique, médias et électricité) dépendront de l’industrie des télécom.

De son côté, Dominique Boutter, Conseiller commercial et directeur de Business France près l’ambassade de France en Algérie, explique que le gouvernement français est «en train d’étudier la mise en place de projets industriels de colocalisation et de coproduction», expliquant que la relation de la France avec l’Afrique «se construira en priorité avec l’Algérie». Dans le même ordre d’idées, il fait savoir que ce 2e Forum devrait permettre aux participants des deux pays de «rapprocher les points de vue et de dégager des synergies, voire des projets concrets en la matière». D’autre part, le directeur de Business France explique que le numérique «va prendre une place de plus en plus importante en permettant de créer de nouveaux modes de production, de nouveaux modèles d’affaires et de nouveaux métiers à l’horizon 2030». A se fier à ses dires, «la frontière entre industries et services s’estompe de plus en plus, ce qui fait apparaître de nouveaux besoins de compétence qu’il faut anticiper et accompagner». Dans son intervention, M. Bouter rappelle la mise en place par la France d’un fonds de 300 millions d’euros pour soutenir les projets d’infrastructures en Afrique, y compris ceux relatifs au numérique, ainsi qu’une enveloppe de 1 milliard d’euros pour le financement des PME et les start-up africaines activant dans le secteur du numérique. Dans un autre registre, Olivier Labbe, Directeur général de CAP DC, dira que l’entreprise qu’il dirige dispose de 6 filiales en Afrique, dont l’Algérie où il estime qu’il est temps de bâtir des data center à base de gaz.

D’ici 2022 : 150 millions d’emplois seront remplacés par la robotique
Lui emboitant le pas, Christine Dedenon, Directeur général de l’entreprise Progisys, indique que le numérique est un vecteur de développement en Algérie, soulignant que penser le numérique, ce n’est pas le subir, mais le vivre. Quant à Djaoued Allal, président de l’Association algérienne des TIC, il annonce que dans le monde, 70% des grandes entreprises et 40% des industries vont disparaître, tandis que 150 millions d’emplois seront remplacés par la robotique, la moyenne de vie de l’entreprise passera de 60 à 12 ans. S’agissant de l’Algérie, notre interlocuteur trouve exagérées les taxes imposées aux TIC dans le cadre du projet de loi de finances 2018.
Intervenant au cours de ce forum, Ali Kahlane, précise qu’en matière de meilleures pratiques d’utilisation numérique, l’Algérie a gagné 43 places entre 2015 et 2016. Sur l’entrepreneuriat, il fait savoir que pour l’année 2017, on compte plus de 1,3 million de PME, mais cela reste insuffisant. L’autre performance citée a trait à l’indice de développement humain qui passe de 0,50 à 0,74 points entre 1980 et l’année en cours. Le réseautage de la fibre optique, lui, est passé en deux ans (2013-2015) de 50 000 à 80 000 kilomètres. Aussi, cette année le nombre de sites Web en «.dz» est de 9 400 dont 800 institutionnels. Par ailleurs, il convient de rappeler que le Forum algéro-français du numérique est organisé par Business France en partenariat avec l’Association algérienne de la sécurité des systèmes d’information, Algerian Digital Cluster, Algerian Information Technology Association et Association des opérateurs télécoms alternatifs.