En dépit d’un contexte caractérisé par un reflux du dynamisme économique, la 28e Foire de la production nationale qui se tient au Palais des expositions de la Safex, aux Pins-Maritimes à Alger, du 22 au 31 décembre 2019, a intéressé presque autant de participants que la précédente édition, environ 500 entreprises publiques et privées.

Cette manifestation placée sous le thème « une économie diversifiée, innovante et compétitive » regroupe de grosses pointures, en particulier Sonatrach et ses filiales, SNVI, Enie, Eniem, Sider El Hadjar, ENMTP, Algérie Télécom, Air Algérie, Gica, Iris, Faderco, Soummam, Renault Algérie, Algerian Qatari Steel. Cette exposition reste cependant en déclin par rapport aux salons spécialisés et marquée par les effets du mouvement populaire et de la poursuite de la crise économique que vit le pays. En effet, de grandes entreprises qui contribuaient au succès de cette édition sont absentes, à l’image de Condor, Cevital, TMC, Sovac, GMI. L’incarcération des patrons de ces groupes est sans doute à l’origine de cette défection. Plusieurs membres du FCE, comme le groupe Benamor, Safina, habituellement présents ne sont pas de la partie. La 28e Foire de la production nationale reflète, en outre, la crise de plusieurs filières et surtout manifeste l’absence de réponse ou de réponse adéquate du gouvernement au problème des quotas d’importation de kits ou de composants. En dépit de la crise que connaît la filière électroménager, des entreprises privées sont présentes comme Bomare, Géant, Cobra. Au stand de la première société, on apprend qu’elle est l’une des premières entreprises du secteur en matière d’exportation de téléviseurs. Elle vend ses produits en Europe.

Filières montage de Smartphones et électroménager menacées
Leur activité montage de Smartphones est menacée par un arrêt de production en raison de la suspension des importations de composants de kits.
C’est le cas de tous les fabricants de Smartphones, qui « attendent la libération des importations », comme Samsung et LG habituellement présents en force mais qui n’ont pas daigné afficher leurs produits au cours de cette édition. Qu’en sera-t-il en 2020 ? Si cette interdiction persiste, on assistera à la rareté des Smartphones montées localement. Le commerce du cabas va sans doute prospérer. Dans une autre société de la filière électroménager, dont la représentante a requis l’anonymat, on apprend à l’instar d’autres acteurs de la filière que ce ne sont pas toutes les licences pour l’importation de kits qui ont été délivrées par le ministère de l’Industrie (attribution de licence par gamme de produits). En d’autres termes, pour certains produits électroménagers, point de licences d’importation jusqu’ici. Cette situation constitue un frein à l’évolution de cette filière et au développement des exportations de produits électroménagers.
Automobile, Renault tire son épingle du jeu
Par ailleurs, dans cette foire, tout un pavillon est dédié à l’automobile. Comme nous l’avons signalé précédemment, point d’exposition comme habituellement des différents modèles de Hyundai, Kia, Volswagen, de Seat et de Skoda. Seule Renault Algérie, occupant la plus grande partie de cet espace, affiche ses progrès dans le montage de véhicules en Algérie. Après cinq ans d’activité, le taux d’intégration des modèles atteint 28%, affirme sa représentante. Cette dernière nous apprend que sa société attend son agrément pour 2020 pour l’importation de kits pour le nouvel exercice, son quota de 2019 étant épuisé. Elle indique que Renault Algérie a monté jusqu’ici 230 000 véhicules particuliers depuis le démarrage de son activité. Les produits Renault, ajoute-t-elle, sont montés sous formule SKD qui, selon elle, correspond au montage de 2 000 pièces dont une partie est fabriquée localement. Elle indique que Renault Algérie s’appuie dans son activité montage sur huit sous-traitants qui fabriquent localement des éléments, notamment de la Symbol, comme les sièges, des éléments en plastique et des faisceaux électriques. Renault Algérie est la seule à parvenir à ce taux d’intégration et vise à atteindre dans une seconde phase le seuil de 40%, affirme-t-elle. Les autres fabricants (montage automobile) sont au stade du DKD, c’est-à-dire à un taux d’intégration très faible ou zéro intégration, selon un spécialiste de la filière.
Au tableau rose, Sonatrach
et la sidérurgie
Au tableau rose, Sonatrach, la compagnie pétrolière nationale, a tenu à exposer ses activités avec l’ensemble de ses filiales. La première entreprise en Algérie met en relief au sein de son stand son engagement à accompagner les jeunes dans leur projet de création de start-up ou de promotion d’innovations à travers le projet de parc technologique en voie d’achèvement au Parc Dounya, situé aux Grands-Vents, à Ouled Fayet.
Cette infrastructure comprendra un incubateur pour l’éclosion de start-ups et d’espaces où sont représentées les administrations publiques, les banques… Au stand d’Algerian Qatari Steel, on apprend que cette société mixte dispose d’un complexe sidérurgique situé dans la zone industrielle de Bellara entré en production le second semestre 2019.
Ce complexe compte deux aciéries électriques d’une capacité de 2,2 millions de tonnes/an, de trois laminoirs pour la production de rond à béton et de fil machine. La capacité de production du rond à béton est fixée à 1,5 million de tonnes, celle du fil machine à 500 000 tonnes/an. Le complexe produira dans une seconde phase d’autres types d’acier. La capacité de production d’acier sera alors portée à 4 millions de tonnes par an.<