2500 hectares, dont 800 ha de céréales, sont affectés par le problème de drainage dans la wilaya de Tipasa, a-t-on appris des responsables des services agricoles qui appellent les services hydrauliques et ceux de l’Onid à faire quelque chose pour y remédier. La bonne pluviométrie qui devrait être avantageuse aux fellahs qui se sont toujours plaints du déficit en eau a, encore cette année, provoqué de grandes stagnations d’eau et des inondations des parcelles agricoles qui ont affecté aussi bien la production que les plantations.

Les chutes de pluie de cette semaine ont amplifié le phénomène et n’ont pas manqué d’avoir des répercussions négatives, contrairement à ce qui était attendu, car le système de drainage quand il existe a besoin d’une réhabilitation, ou à être installé et repris complètement pour arrêter la dégradation des sols et des exploitations agricoles.
Les zones les plus touchées sont situées dans la zone de la Mitidja et surtout à Sidi Rached où 1600 ha de céréales, d’arbres fruitiers et de fourrages sont touchés par les inondations et les stagnations d’eau. Dans la commune de Koléa, ce ne sont pas moins de 800 ha, c’est-à-dire 09 EAC, qui sont touchées ainsi que la zone industrielle installée dans la région. Le potentiel arboricole est affecté puisqu’on parle déjà d’asphyxie des arbres, de dégradation de la texture des sols et de développement de maladies cryptogamiques qui inquiètent les fellahs qui se disent impuissants devant le phénomène.
Selon la subdivisionnaire des services agricoles de la daïra de Tipasa, il existe deux types de problèmes qui se posent en deux endroits différents dans la wilaya, à savoir la zone du lac Haloula, qui touche les communes de Sidi Rached, une partie d’Attatba et de Ahmer El Aïn, et celle du Mazafran, qui touche 800 ha situés dans les communes de Koléa, de Chaîba, qui nécessitent une enveloppe financière conséquente et une étude technique pointue.
Pour ces responsables, il existe, bien sûr, des solutions puisque pour une partie de la zone le réseau de drainage existe, mais il est dans un état déplorable et nécessite, par conséquent, une réhabilitation. Ce problème concerne la direction des services hydrauliques, l’Onid, qui ont été saisis puisque le problème a été posé par la directrice des services agricoles au niveau du conseil de wilaya. Les dégâts sont énormes sur les exploitations agricoles déplorent les responsables. Les inondations provoquent l’asphyxie de l’arbre, la chute des fruits, le développement des maladies cryptogamiques et racinaires. Même la texture du sol est affectée et, donc, les effets sont catastrophiques et les terres sont réellement menacées.
Selon les spécialistes du secteur en effet, l’érosion des sols et un drainage de surface inadéquat réduisent grandement la productivité des champs agricoles et peuvent causer des problèmes de qualité de l’eau en aval des champs touchés.
En temps de pluie, les champs agricoles de la partie de la Mitidja ouest sont tous inondés et par conséquent les problèmes d’érosion et de drainage de surface sont fréquemment observés au champ. Pour y remédier il faut procéder à des aménagements hydro-agricoles et les pratiques culturales les plus appropriés à chaque situation. À la base, les solutions proposées visent à réduire le volume et les débits d’eau ruisselée, modifier la pente du terrain, intercepter et diriger le ruissellement de surface de façon à réduire sa vitesse tout en améliorant la structure du sol et protéger sa surface pour augmenter sa résistance à l’érosion.
Un examen de la surface du sol, à lui seul, « permet de repérer les zones affectées, particulièrement après des périodes de fortes pluies ou à la fonte des neiges. La sélection de solutions appropriées passe par l’identification des causes du ravinement. L’apparition soudaine de ravinement peut résulter, entre autres, d’un changement d’utilisation du sol en amont ou de conditions météorologiques particulières. Au printemps, la faible capacité d’infiltration des sols gelés peut favoriser l’apparition de rigoles et de ravines dans les champs. Dans un premier temps, on pourra faire disparaître les rigoles grâce à des opérations normales de travail du sol, tandis que les ravines, plus grosses, devront être remblayées tout en prenant soin de conserver le sol arable en surface ».
Les mêmes experts conseillent, dans les cas de petit ravinement, « un changement de pratiques culturales peut parfois permettre de régler le problème en privilégiant l’implantation de cultures fourragères, le travail réduit du sol ou le semis direct, ainsi que la culture en contre-pente. Si la cause du ruissellement est située plus en amont dans le bassin versant, un reboisement sélectif de cette zone peut aussi constituer une solution intéressante. Des travaux de nivellement peuvent aider à limiter l’érosivité du ruissellement ».
Les solutions existent et il suffit de s’y mettre selon les responsables des services agricoles qui ont appelé, par ailleurs, les fellahs à prendre soins des abords de leurs exploitations qui sont souvent, encombrés de détritus divers ce qui gène l’écoulement des eaux.