Sur les cinq prochaines années, la valeur des investissements de l’Algérie dans le domaine de l’énergie devrait totaliser environ 25 milliards de dollars. Grâce à la reprise prévue des investissements dans le secteur des hydrocarbures, mais aussi dans le renouvelable, l’Algérie arrive à la 4e position dans la région MENA, juste derrière l’Arabie Saoudite, l’Egypte et les Emirats arabes unis, en matière des dépenses injectées dans le secteur énergétique.

Hakim Ould Mohamed
C’est ce qu’on peut lire en tout cas dans le rapport d’Apicorp (Arab Petroleum Investments Corporation), une banque multilatérale de développement créée par l’Opep, qui met sous les feux de la rampe les investissements énergétiques dans la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) sur la période 2021-2025. Selon le rapport d’Apicorp du mois en cours, l’Algérie est bien lotie en matière d’investissements dans le secteur des hydrocarbures, mais aussi dans les énergies renouvelables, un domaine pour lequel le pays affiche désormais de grandes ambitions, note Apicorp. Ainsi, après le report à 2021 d’une bonne partie des dépenses prévues dans le secteur en 2020, d’une valeur de 3 milliards de dollars, Apicorp table sur une forte reprise des investissements en Algérie, à la condition, écrit la société, que la nouvelle loi sur les hydrocarbures, dont les textes d’application sont en cours de production, soit efficace pour attirer suffisamment d’investisseurs. Cette reprise en Algérie se ferait également, prévoit Apicorp, grâce au développement de projets de gaz non conventionnels. Dans toute la région MENA, globalement, relève le rapport de l’Apicorp, les investissements énergétiques dans la région MENA, la valeur des investissements énergétiques caracolerait à environ 133 milliards de dollars cette année, soit une légère augmentation de 6,4 milliards de dollars par rapport à la précédente, marquée par un déclin sans précédent des investissements dans les énergies, en raison de la chute des prix du pétrole qui a mis de nombreux pays producteurs dans une position budgétaire fragile, mais aussi de l’impact du choc pandémique sur l’activité des secteurs énergétiques. En Algérie, la hausse prévue des investissements dans le secteur dès cette année est conditionné, selon les experts d’Apicorp, par la réussite de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, dont l’objectif premier consiste à attirer les investissements nécessaires pour faire repartir la croissance dans le secteur. Outre le secteur des hydrocarbures qui fait l’objet de toutes les attentions en Algérie, tant il est vrai que l’urgence consiste à faire repartir la croissance dans les meilleurs délais, l’Algérie affiche également une forte ambition pour le développement des énergies renouvelables, note Apicorp qui parie sur une forte croissance des investissements dans les énergies nouvelles dans les cinq années en Algérie. «L’augmentation des investissements indiquent les fortes ambitions régionales de poursuite de l’intégration en aval et de la croissance industrielle, en particulier dans les pays d’Afrique du Nord (Algérie, Egypte)», écrit Apicorp dans son rapport. «L’Algérie a une pléthore de projets dans l’attente de la mise en œuvre des réformes législatives liés à la restructuration complète de son secteur énergétique et aux IDE nécessaires pour concrétiser ces projets», lit-on également. La société arabe des investissements dans l’énergie a recensé une quarantaine de projets prévus et engagés en Algérie dans les secteurs de l’énergie ; le pays arrivant à la huitième position dans la région MENA de par le nombre des projets prévus et engagés.
«La nouvelle loi algérienne sur les hydrocarbures, adoptée en 2020, doit encore prouver son efficacité pour attirer les IDE nécessaire pour réorganiser l’industrie du pays en amont, en difficulté», lit-on dans le rapport d’Apicorp. Dans le domaine de la pétrochimie, ce rapport indique que l’Egypte, l’Algérie et le Nigéria s’apprêtent à lancer des unités de production d’ici les cinq prochaines années. <