Le président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo), Messaoud Belambri, a exprimé hier le soulagement des professionnels du secteur du médicament suite à la décision, jeudi dernier, du ministère de l’Industrie pharmaceutique d’exempter les importateurs de médicaments du dépôt du document délivré par l’Agence nationale pour la promotion du commerce extérieur (Algex).

Par Sihem Bounabi
Le président du Snapo confie, à notre confrère El Khabar, que «depuis le mois d’avril dernier, des grandes quantités de médicaments, dont la ventoline, étaient bloquées au niveau des ports en raison de la nouvelle procédure administrative de domiciliation bancaire pour les opérations d’importation de médicaments, qui permet d’obtenir un document délivré par les services d’Aljex.
Il affirme que le poids bureaucratique des lenteurs administratives a créé de fortes tensions sur la disponibilité de certains médicaments, à l’exemple de la ventoline, nécessitant une intervention d’urgence du ministère de l’Industrie pharmaceutique pour libérer le produit.
Messaoud Belambri a ainsi souligné l’importance d’une telle décision qui va ainsi libérer de grandes quantités de médicaments et de produits pharmaceutiques afin qu’ils puissent être distribués en officine et ainsi être accessibles aux malades pour leur traitement. Il est à souligner que la décision du ministère est une réponse directe à l’appel que lui a lancé l’Union nationale des opérateurs pharmaceutiques (UNOP), dans un communiqué public, afin d’«aider nos entreprises à surmonter ce nouvel obstacle administratif dressé devant elles».
Pour rappel, la galère des opérateurs pharmaceutiques a débuté le 24 avril dernier, lorsqu’une circulaire du ministère du Commerce adressée à l’Association des banques et des établissements financiers (Abef), a exigé une autorisation d’Algex portant sur l’importation de produits destinés à la revente en l’état après avoir obtenu l’attestation de respect. Ce qui a entraîné un retard considérable dans les opérations d’importation des médicaments essentiels et, selon certains médias, près de 5 000 dossiers d’expédition sont en attente de cette fameuse autorisation déposée au niveau d’Algex.
L’Unop signale que depuis la promulgation de la note Abef du 24 avril 2022, qui a instauré cette nouvelle procédure, la délivrance de ce document par l’Algex «traîne en longueur bien après l’enregistrement de leurs demandes, ce qui pénalise la bonne marche de leurs programmes d’approvisionnement en médicaments».
Et d’ajouter : «Comme les retards commencent maintenant à s’accumuler de manière préoccupante, nous tenions à vous sensibiliser dès à présent sur les risques sérieux de ruptures que cela pourrait occasionner en bout de course, si la situation présente devait perdurer au cours des prochains jours ou des prochaines semaines».
Suite à la sonnette d’alarme tirée par l’Unop et aux tensions de plus en plus perceptibles, notamment sur la disponibilité de la ventoline, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a décidé d’intervenir par la levée de la procédure administrative, expliquant dans un communiqué que cette démarche s’inscrit dans le cadre de «la cohésion gouvernementale et la concertation intersectorielle en vue d’assurer la disponibilité des produits pharmaceutiques et dispositifs médicaux». Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a également rappelé que la régulation du marché pharmaceutique national est assurée par ses services, conformément à ses attributions, assurant que le ministère «ne délivre les programmes prévisionnels d’importation et/ou attestation de régulation qu’aux produits essentiels et à forte valeur thérapeutique, non fabriqués localement ou dont les quantités ne couvrent pas les besoins nationaux et ce, après étude et examen minutieux des capacités de production, des niveaux de stocks et des besoins nationaux». <